Depuis le Galaxy S25 Ultra et la disparition du Bluetooth sur le S Pen, un soupçon s’est installé : Samsung serait-il en train de « désosser » doucement son stylet historique ? Après le lancement des Galaxy S26, Won-Joon Choi, COO de la division Mobile eXperience, a choisi de couper court à l’idée — et surtout de laisser entendre que la suite ne se limitera pas à une itération de plus.
Dans une interview accordée à Bloomberg, l’exécutif a été explicite : le S Pen reste une technologie « core » chez Samsung, et l’entreprise travaille sur une version plus avancée qui nécessiterait une nouvelle structure d’affichage afin de réduire la « pénalité » liée à son intégration.
La « pénalité » du S Pen : ce que Samsung admet à demi-mot
Quand Choi parle de « penalité », il met un mot sur ce que les utilisateurs expérimentés devinent depuis des années : le S Pen n’est pas gratuit, même pour Samsung :
- Espace interne : un emplacement intégré, c’est du volume volé à la batterie, au refroidissement ou à d’autres composants.
- Épaisseur et contraintes mécaniques : surtout sur des appareils qui cherchent à s’affiner.
- Interférences et accessoires : la coexistence entre technologies de stylet, couches de numérisation et accessoires magnétiques (et plus largement la direction prise par Qi2) est souvent citée comme un sujet de compromis. (À ce stade, Samsung ne détaille rien publiquement, c’est donc une lecture du contexte, pas une confirmation.)
En creux, Samsung reconnaît donc que le S Pen a un coût d’intégration… et qu’il veut le réduire.
« Nouvelle structure de display » : ce que ça pourrait vouloir dire (sans certitude)
Samsung n’a donné aucun détail technique. Mais, l’expression est intéressante, parce qu’elle pointe vers un changement qui ne concerne pas seulement le stylet lui-même, mais l’empilement de l’écran.
Trois pistes plausibles (à prendre comme hypothèses) :
- Une couche de numérisation plus fine/plus intégrée : En réduisant l’épaisseur ou la complexité du digitizer, Samsung pourrait retrouver de la marge pour la batterie ou la finesse.
- Une évolution du standard d’entrée stylet : Certains observateurs évoquent des standards alternatifs (ex. USI) qui pourraient mieux cohabiter avec certains choix matériels. Ce n’est pas confirmé par Samsung, mais le débat existe déjà côté presse et communauté.
- Une intégration mieux pensée avec les contraintes magnétiques : Entre coques aimantées, accessoires et charge, la question de la compatibilité « sans effets de bord » est devenue plus visible. Là encore, Samsung ne l’a pas dit, mais la formulation de Choi (« display structure ») laisse la porte ouverte à ce type d’optimisation.
Pourquoi cette sortie est un signal fort
Le plus important n’est pas la promesse d’un « S Pen 2.0 ». C’est le fait que Samsung lie explicitement l’avenir du stylet à une refonte structurelle — donc à un chantier lourd, qui demande du temps, des validations industrielles, et une génération produit où cela devient « rentable » à déployer à grande échelle.
Autrement dit, si Samsung en parle, c’est que le S Pen n’est pas traité comme un héritage à gérer, mais comme un différenciateur à réinventer.
Choi ne donne aucun timing, et le Galaxy S26 Ultra reste sur un S Pen sans retour du Bluetooth. Le scénario le plus logique est donc une arrivée sur une génération Ultra future, quand la nouvelle « structure d’écran » sera prête — pas avant.



