Pendant des années, 1Password a été ce choix presque automatique : l’appli qu’on installe, qu’on recommande à ses proches, et qu’on oublie ensuite — parce qu’elle fait le travail, proprement, partout. Mais la nouvelle hausse tarifaire annoncée pour fin mars 2026 change la texture du débat.
Pas parce que 1Password devient « mauvais », mais parce qu’il devient nettement plus difficile à justifier dans un marché où les alternatives sérieuses n’ont jamais été aussi nombreuses… et souvent moins chères, voire gratuites.
1Password : une hausse nette, à partir du 27 mars 2026
Selon les e-mails envoyés aux abonnés, 1Password appliquera ses nouveaux tarifs à partir du 27 mars 2026 (à votre prochain renouvellement après cette date).
L’offre Individuel passe annuellement à 43,80 euros HT au lieu de 31,80 euros jusqu’ici, et l’offre Famille grimpe à 69 euros HT. C’est une hausse de 38 % ! Cela renforce la sensation de « palier franchi ».
Pourquoi ça agace : 1Password investit… mais l’utilisateur « famille » ne se reconnaît plus
La justification officielle tient en une phrase : continuer à investir dans le produit (sécurité, infrastructure, nouveautés). 1Password explique que ses prix étaient « plutôt stables » depuis plusieurs années malgré l’ajout de fonctionnalités.
Le problème, c’est la perception : une partie de ces progrès (gestion avancée, outils plus « entreprise », couches de sécurité, administration) ressemble à une montée en gamme pensée pour le B2B — alors que l’utilisateur individuel veut surtout trois choses : auto remplissage parfait, partage simple, fiabilité totale. Et, il compare désormais ce confort à des produits bien moins coûteux.
Le match 2026 : les alternatives ont rattrapé (presque) tout le monde
1Password reste excellent, mais la hausse ouvre la porte à des concurrents plus « raisonnables » pour beaucoup de besoins.
Bitwarden : l’option « sérieuse » à prix plancher
Bitwarden affiche une grille très agressive : gratuit en entrée, Premium à 1,65 dollars/mois, et Families à 3,99 dollars/mois. C’est aussi celui qui revient souvent chez les utilisateurs « sécurité » pour son ADN open source — et parce qu’il coche l’essentiel sans forcer la main.
Proton Pass : la carte « confidentialité »
Proton joue la cohérence d’écosystème (e-mail, VPN, drive, etc.) et met en avant ses offres famille, avec une comparaison directe incluant le prix annuel « Famille ».
Pour un foyer déjà chez Proton, la bascule peut devenir plus émotionnelle que technique : « un abonnement, plusieurs briques ».
Et, les solutions intégrées Apple/Google : le danger silencieux
Même sans entrer dans une guerre de fonctionnalités, les gestionnaires intégrés progressent vite — et ils sont déjà là, « gratuits » dans l’esprit du grand public. C’est précisément ce qui fragilise tous les acteurs payants : quand la base suffit, la question devient « qu’est-ce que j’achète en plus ? ».
Passkeys : la transition qui brouille la valeur… et la renforce pour certains
L’essor des passkeys change la narration. Moins de mots de passe, c’est théoriquement moins besoin d’un gestionnaire. Mais l’histoire est plus subtile : le monde va rester hybride longtemps (comptes legacy, entreprises, services sans passkeys), et l’intérêt d’un outil transversal devient de gérer l’entre-deux — surtout quand on jongle entre plateformes.
C’est là que 1Password a encore un argument : une expérience multi-OS très polie, et des fonctions différenciantes qui existent réellement (partage, organisation, workflows, etc.). L’application a continué d’ajouter des briques de protection et de confort.
1Password assume le « luxe utile »… mais le luxe doit se prouver
1Password ressemble de plus en plus à un produit « premium » au sens Apple du terme : pas forcément indispensable, mais difficile à lâcher quand on y a pris goût. Sauf qu’en 2026, la fatigue des abonnements fait que le premium doit être mesurable.
La vraie question n’est donc pas « 1Password est-il le meilleur ? ». C’est est-il meilleur au point de justifier l’écart, et surtout : pour votre usage précis ?
Vous restez sur 1Password si vous avez une famille à gérer, des partages réguliers, un usage multi-plateformes, et que vous valorisez l’UX « zéro friction ». Vous migrez (Bitwarden / Proton Pass) si vous cherchez le meilleur rapport prix/sécurité et que l’essentiel vous suffit. Et, vous simplifiez (Apple/Google) si votre vie numérique est très homogène et que vous voulez réduire les abonnements.
La hausse ne tue pas 1Password. Elle le force simplement à redevenir ce qu’il a toujours été au fond : un choix. Et plus un réflexe.



