Apple vient de publier un trimestre à la fois spectaculaire et révélateur : l’iPhone réalise son « meilleur trimestre de tous les temps » avec plus de 85,3 milliards de dollars de revenus, tandis que le groupe affiche 143,8 milliards de chiffre d’affaires total, +16 % sur un an.
Une performance qui arrive malgré les retards autour de Siri « boosté à l’IA », et qui met en lumière un nouveau paradoxe : Apple vend comme jamais… au moment même où sa feuille de route IA devient plus dépendante de partenaires externes.
Un iPhone 17 qui « arrache » le trimestre… au point de tendre la supply chain
Tim Cook n’a pas cherché la nuance : la demande iPhone serait « impressionnante », et Apple parle d’une offre « contrainte ». Plus intéressant encore, l’entreprise dit constater moins de flexibilité sur les nœuds de gravure avancés utilisés pour les puces, un point rarement formulé aussi frontalement.
Dans le sous-texte, cela ressemble à une bataille mondiale pour le silicium haut de gamme — et à un rappel que même Apple n’achète pas du « temps machine » à volonté.

Services en hausse, Mac et wearables en retrait : le mix Apple se rééquilibre
Pendant que l’iPhone tire le navire, les Services progressent de 14 % (iCloud, Apple Music, TV+, etc.), confirmant la trajectoire « marges + récurrence ». À l’inverse, Apple indique un repli sur Mac et wearables (catégorie qui inclut notamment les accessoires). C’est la photographie typique d’un trimestre où le téléphone capte l’élan, et où le reste respire — ou subit le cycle produit.
Le vrai tournant : Apple « branche » Siri sur Gemini et achète Q.ai
Côté IA, Apple change de ton et de méthode. D’abord via une annonce officielle : Apple et Google ont signé une collaboration pluriannuelle pour que la prochaine génération de modèles utilisés par Apple Intelligence — dont une Siri plus personnalisée — repose sur des modèles Gemini et de la technologie cloud Google.
Ensuite via une acquisition qui sonne très « Apple » : Q.ai, une startup orientée audio/parole, rachetée pour un montant rapporté proche de 2 milliards de dollars. Les brevets cités décrivent des usages en casques ou lunettes, avec des signaux comme des micro-mouvements du visage pour interagir sans parler — un indice qui colle autant à un Siri plus robuste qu’à des ambitions wearables.
Apple a gagné le trimestre, mais la partie IA se joue ailleurs
Ce trimestre record raconte deux histoires simultanées :
- Apple n’a pas besoin de l’IA pour vendre des iPhone — pas encore. La dynamique iPhone 17 (features « Pro » qui ruissellent vers le modèle de base) suffit à créer l’envie et à pousser les volumes.
- Apple a besoin de l’IA pour protéger son futur logiciel. Le partenariat Gemini acte une réalité : l’entreprise veut une Siri plus personnelle et plus compétitive… et elle accélère en s’appuyant sur un acteur externe, tout en internalisant des briques clés (audio, reconnaissance vocale) via Q.ai.
Le signal le plus net : Apple ne parle plus de l’IA comme d’un « bonus », mais comme d’une infrastructure produit — au même niveau que l’écran, la puce et les Services.



