Samsung n’a pas encore officialisé ses lunettes connectées, mais les fuites commencent à dessiner un produit — et surtout une stratégie. D’après un nouveau rapport de Galaxy Club, la marque travaillerait sur deux versions distinctes de « Galaxy Glasses », avec des indices concrets sur l’appareil photo, la connectivité… et même des verres photochromiques.
Galaxy Glasses : Deux références, une ambition
Le point de départ est simple : deux numéros de modèle ont été repérés, SM-O200P et SM-O200J. Et contrairement à ce qu’on voit souvent dans les bases de données, il ne s’agirait pas seulement de variantes régionales : les deux seraient destinées aux mêmes marchés, ce qui renforce l’idée d’une gamme plutôt qu’un produit unique.
Ce genre de split est rarement anodin. Il peut répondre à des usages (grand public vs « créateur »), à une contrainte (prix, disponibilité de composants), ou à une réalité plus terre-à-terre : Samsung cherche peut-être la bonne formule pour que ces lunettes soient portées, pas seulement montrées.
Ce qu’on sait déjà : caméra de 12 mégapixels, Wi-Fi/Bluetooth, pas de 4G/5G
La fuite laisse échapper quelques éléments techniques suffisamment parlants pour situer le produit :
- Caméra de 12 mégapixels avec autofocus, ce qui suggère un usage photo/vidéo sérieux, pas juste une caméra « contextuelle » pour l’IA.
- Wi-Fi + Bluetooth, mais pas de connexion cellulaire intégrée : les lunettes devraient donc s’appuyer sur le smartphone (pour les données, une partie de l’IA, la synchro).
- La version SM-O200P serait associée à des verres photochromiques (type « Transition », qui foncent à la lumière).
Ce dernier point est plus révélateur qu’il n’y paraît : Samsung ne penserait pas ces lunettes comme un gadget d’intérieur, mais comme un objet du quotidien, donc confronté à la vraie vie — lumière, marche, transports, rue.
Le vrai sujet, c’est la « portabilité » (et la confiance)
Sur le papier, Samsung coche des cases qui rapprochent davantage ces lunettes d’un produit analogue aux « Ray-Ban Meta » que d’un mini-casque XR : caméra, usage mobile, dépendance au téléphone, simplicité. Et, c’est logique : le marché a déjà montré qu’une promesse d’AR totale ne suffit pas — il faut d’abord un objet acceptable socialement, léger, autonome « juste comme il faut ».
Le point qui manque (et qui décidera tout) : la gestion de la vie privée. Une caméra de 12 mégapixels avec autofocus pose immédiatement la question des signaux visibles, des contrôles d’enregistrement, des indicateurs impossibles à masquer. Sans ce garde-fou, l’objet devient vite difficile à porter partout — et c’est souvent là que les lunettes connectées échouent.
Dans le décor : Samsung accélère son écosystème XR
Cette fuite s’inscrit dans une séquence où Samsung tente d’installer une continuité entre ses appareils. La marque a déjà formalisé son virage XR avec le Galaxy XR, un casque vendu 1 799 dollars aux États-Unis (et en Corée), avec une intégration forte de Gemini côté IA.
Des lunettes connectées seraient donc la pièce « portable » et plus grand public du puzzle : moins immersives, mais potentiellement plus mass-market — à condition que Samsung sache clarifier pourquoi on les met, quand, et pour faire quoi.
À surveiller maintenant
Deux choses vont déterminer si ces « Galaxy Glasses » ont une chance de dépasser le statut de rumeur :
- La différence réelle entre SM-O200P et SM-O200J (poids, autonomie, capteurs, écran ou non, positionnement prix).
- La philosophie caméra : contrôle utilisateur, indicateurs, limites — bref, la « licence sociale » de porter ça au quotidien.
Si Samsung réussit ce double équilibre, 2026 pourrait bien être l’année où les lunettes connectées cessent d’être une curiosité… et deviennent une catégorie.


