Un an après avoir ouvert une brèche dans le marché des PC portables de jeu avec une première machine SteamOS, Lenovo remet une pièce dans la machine. Au CES 2026, le constructeur annonce une version SteamOS de la Legion Go 2, son modèle vitrine aux manettes détachables façon Switch — et surtout, à l’écran OLED VRR présenté comme l’un des plus ambitieux du segment.
Le message est clair : Windows n’est plus une fatalité sur un handheld… mais la liberté a un prix.
Une annonce qui arrive tard… mais qui change la nature du produit
Lenovo prévoit de lancer la Legion Go 2 « Powered by SteamOS » en juin, avec un prix de départ annoncé à 1 199 dollars. C’est une annonce doublement particulière : d’abord parce que la version Windows du produit est déjà sortie depuis plusieurs mois, ensuite parce que la fenêtre de sortie laisse à la concurrence le temps de dégainer de nouvelles puces et de nouveaux designs d’ici l’été.
Mais, Lenovo parie sur un point que les joueurs nomades connaissent par cœur : changer d’OS, c’est parfois changer de machine. SteamOS, pensé pour le gamepad, le suspendre/reprendre et l’immédiateté, peut transformer l’usage quotidien d’une console portable, là où Windows reste souvent « un PC comprimé dans un format console ».
Le hardware ne bouge pas : l’écran et la modularité restent le vrai luxe
Lenovo indique que les spécifications restent identiques entre la version Windows et la version SteamOS. Le cœur du produit, c’est donc ce cocktail premium :
- Écran OLED 8,8 pouces avec 144 Hz et VRR (16 h 10)
- Batterie 74 Wh
- Contrôleurs détachables et kickstand, pour jouer « console » ou poser la machine comme une mini-tablette
- Configurations évoquées allant jusqu’à 32 Go de RAM et 2 To de SSD selon les déclinaisons commercialisées
Lenovo conserve aussi l’idée qui a fait la singularité de la gamme : le côté hybride. Une Legion Go 2, ce n’est pas seulement un Steam Deck plus gros : c’est une machine qui assume des usages « PC » (interfaces, launchers, navigation) tout en essayant de retrouver la fluidité d’une console.

SteamOS : l’expérience « pick-up-and-play » avec un vrai revers
Pourquoi SteamOS séduit autant sur une console portable ? Parce que Valve a conçu un système qui privilégie l’essentiel : bibliothèque Steam, reprise instantanée, interface gamepad, et une logique « j’allume, je joue ». D’ailleurs, Valve étent SteamOS et ses outils de compatibilité à des machines tierces, ce qui rend l’écosystème plus crédible qu’un simple bricolage Linux.
Mais, le revers est connu, et Lenovo ne peut pas le gommer : la compatibilité n’est pas totale, surtout du côté des jeux multijoueur avec anti-cheat agressif (Fortnite, Destiny 2, certains Call of Duty, etc.). Et, il y a un autre angle mort évident : le confort « natif » Xbox/PC Game Pass, qui reste naturellement plus simple côté Windows.

Lenovo vend une promesse, mais aussi un signal au marché
À 1 199 dollars, la Legion Go 2 SteamOS ne joue pas la carte « Steam Deck killer ». Elle joue une autre partie : prouver qu’un handheld premium peut se passer de Windows sans devenir un produit de niche.
La question, c’est le timing. Lenovo prend le risque de lancer SteamOS plusieurs mois après la version Windows, donc avec une machine qui ne sera plus « toute neuve » au moment d’arriver en rayon. La marque compte sur l’effet levier de SteamOS (simplicité, parfois meilleure efficience perçue, ergonomie) pour justifier l’attente.
Au fond, cette annonce ressemble à une tentative de redéfinir le haut de gamme de la console portable : l’écran comme argument sensoriel (OLED + VRR + 144 Hz), l’OS comme argument d’usage (comme la console), et la modularité comme argument identitaire (contrôleurs détachables).
Si Lenovo réussit, ce n’est pas seulement la Legion Go 2 qui gagne : c’est l’idée qu’il existe enfin, en dehors de Valve, une voie « SteamOS » crédible pour le marché.



