UGREEN pousse la surenchère technologique jusque dans la batterie externe. Avec la MagFlow Pro Magnetic Power Bank, la marque présente un modèle de 10 000 mAh vendu 130 euros, équipé d’une recharge magnétique Qi2.2 jusqu’à 25 W et surtout d’un système de refroidissement liquide intégré.
Le constructeur va même jusqu’à parler d’une première mondiale pour une batterie externe sans fil. Derrière les appellations très marketing « CryoPulse » et « Cyber Window », l’idée est pourtant assez concrète : mieux maîtriser la chaleur pour maintenir les performances de charge et limiter le vieillissement des batteries.
Une micro-pompe et du liquide pour refroidir la recharge sans fil
Le cœur du MagFlow Pro est un petit circuit de refroidissement liquide intégré directement dans le boîtier. Une micro-pompe fait circuler le liquide afin d’éloigner la chaleur des composants les plus sollicités, notamment la bobine de recharge sans fil compatible Qi2.2. UGREEN complète ce dispositif avec des feuilles de cuivre et une architecture interne qui sépare davantage les différents éléments de puissance.
L’objectif est de réduire les points chauds lors des longues sessions de recharge. Le constructeur affirme que cette gestion thermique doit permettre au MagFlow Pro de rester plus frais au toucher et de maintenir plus facilement sa puissance maximale.
C’est particulièrement pertinent pour la recharge sans fil, où une partie de l’énergie est inévitablement dissipée sous forme de chaleur.
Le « Cyber Window » rend le liquide visible
UGREEN ne cache pas son système de refroidissement. Au contraire, il en fait un élément de design. Une fenêtre transparente placée à l’avant du boîtier permet de voir le liquide circuler à l’intérieur, d’où le nom Cyber Window choisi par la marque. Cette mise en scène n’apporte évidemment rien aux performances, mais elle permet de rendre immédiatement visible une technologie qui serait autrement totalement invisible pour l’utilisateur.
C’est aussi une manière de justifier le positionnement premium du produit. À 149,99 dollars pour seulement 10 000 mAh, le MagFlow Pro ne peut pas se battre uniquement sur la capacité. UGREEN cherche donc à vendre une architecture technique et une expérience visuelle autant qu’une réserve d’énergie.
Jusqu’à 25 W en recharge magnétique Qi2.2
Le MagFlow Pro prend en charge la recharge sans fil Qi2.2 jusqu’à 25 W. Cette puissance est supérieure à celle de nombreuses batteries magnétiques traditionnelles, mais elle reste fortement dépendante de la gestion thermique. Plus une bobine chauffe, plus le système peut être obligé de réduire la puissance pour protéger la batterie et le smartphone.
C’est précisément là que le refroidissement liquide doit faire la différence.
UGREEN affirme que CryoPulse permet de maintenir plus longtemps les 25 W en évitant une accumulation excessive de chaleur. Il faudra toutefois vérifier ce comportement sur une recharge complète, car le maintien de la puissance réelle dépend aussi du smartphone connecté et de ses propres limites thermiques.
Le bénéfice pourrait donc être davantage visible sur la stabilité de charge que sur un simple chiffre de puissance maximale.
Un câble USB-C intégré qui sert aussi de dragonne

UGREEN conserve également l’un des éléments pratiques devenus populaires sur ses batteries récentes : un câble USB-C intégré qui fait office de dragonne. Ce câble peut charger un appareil jusqu’à 45 W, ce qui permet d’alimenter directement un smartphone, une tablette ou certains ultraportables sans devoir transporter un câble séparé. Un second port USB-C est également présent et peut lui aussi servir à charger un appareil.
La batterie peut donc alimenter plusieurs appareils en même temps : un smartphone sur la surface magnétique, un autre produit avec le câble intégré et éventuellement un troisième via le port supplémentaire.
La puissance totale reste toutefois limitée à 45 W. Brancher plusieurs appareils simultanément réduit donc nécessairement la puissance disponible pour chacun d’eux.
10 000 mAh seulement, mais un positionnement très haut de gamme
Avec une capacité de 10 000 mAh, le MagFlow Pro ne se distingue pas par la quantité d’énergie embarquée. De nombreuses batteries de capacité équivalente coûtent largement moins cher et certaines offrent même une puissance filaire supérieure. Le tarif de 130 euros place donc UGREEN dans une catégorie très premium.
La justification repose entièrement sur la recharge magnétique rapide, le refroidissement actif et le niveau d’intégration.
Ce positionnement rappelle une tendance plus large sur le marché des accessoires : la batterie externe n’est plus seulement évaluée selon sa capacité, mais aussi selon son épaisseur, ses protocoles de charge, sa température et son confort d’utilisation.
UGREEN pousse ici cette logique jusqu’à intégrer une véritable micro-pompe dans un produit que l’on glisse normalement dans une poche.
La chaleur devient le prochain terrain de compétition
Le MagFlow Pro montre surtout que la gestion thermique devient un argument central pour les accessoires de recharge. Les batteries externes modernes doivent délivrer toujours plus de puissance dans des formats compacts. Or la densité énergétique et les puissances élevées augmentent mécaniquement les contraintes thermiques.
Réduire la chaleur peut avoir plusieurs bénéfices : limiter la sensation d’inconfort, réduire les baisses de puissance et potentiellement préserver davantage la batterie externe, comme celle du téléphone sur le long terme.
Cela ne signifie pas pour autant qu’un système liquide est automatiquement supérieur dans tous les scénarios. Il ajoute de la complexité, du poids, des composants supplémentaires et potentiellement de nouveaux points de défaillance.
La fiabilité de la micro-pompe et du circuit sera donc aussi importante que leur efficacité.
Un produit vitrine plus qu’une batterie rationnelle
Le MagFlow Pro semble finalement moins conçu pour battre les batteries classiques sur le rapport capacité-prix que pour montrer jusqu’où UGREEN peut pousser l’ingénierie d’un accessoire. Le « Cyber Window », la micro-pompe, le câble intégré et la compatibilité Qi2.2 en font un produit techniquement très démonstratif.
Pour un utilisateur qui cherche simplement 10 000 mAh supplémentaires, le tarif sera difficile à justifier. Pour celui qui privilégie la recharge magnétique rapide et veut éviter au maximum la chauffe pendant les longues sessions, la proposition devient plus intéressante.
C’est aussi un moyen pour UGREEN de se différencier dans un marché où les puissances et capacités commencent à se ressembler fortement.
La prochaine bataille des batteries externes ne se jouera donc peut-être plus uniquement sur le nombre de watts ou de milliampères-heures. Elle pourrait aussi se jouer sur la capacité à conserver ces performances sans transformer le smartphone et la batterie en radiateurs de poche.










