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Procès Meta : Adam Mosseri rejette le terme d’addiction pour Instagram

Procès Meta : Adam Mosseri rejette le terme d'addiction pour Instagram
Procès Meta : Adam Mosseri rejette le terme d'addiction pour Instagram

Dans ce procès californien qui vise Meta (Instagram) et YouTube, Adam Mosseri fait plus que témoigner : il fixe le vocabulaire. Et dans un dossier où chaque mot peut peser lourd, il refuse frontalement le terme « addiction clinique », même face à des témoignages d’usage extrême (jusqu’à 16 heures par jour).

Il préfère parler d’« usage problématique », et compare la dynamique à un visionnage frénétique de Netflix.

Le cœur du dossier : design « compulsif » versus responsabilité individuelle

La plaignante (20 ans) explique avoir commencé très jeune et accuse les plateformes, notamment Instagram, d’avoir encouragé un usage compulsif ayant contribué à une spirale de dépression, anxiété et idées suicidaires. Le procès s’inscrit dans une vague plus large de contentieux visant aussi TikTok et Snap.

Meta, via Mosseri, tente de déplacer le débat : Oui, des usages excessifs existent, et ils sont « problématiques », mais non, cela ne suffit pas à constituer une addiction au sens médical — et il ne faut pas confondre corrélation et causalité.

C’est une stratégie classique : si le tribunal accepte l’idée que « temps passé = addiction clinique », alors l’argument « design intentionnellement addictif » devient plus facile à faire tenir. Si, au contraire, l’usage est « problématique », mais multifactoriel, Meta peut plaider que la plateforme est un outil, et que le dommage relève d’un faisceau de causes.

Pourquoi cette nuance « addiction » vs « usage problématique » est capitale

Mosseri ne joue pas sur les mots par coquetterie. Il défend une position qui vise à éviter un précédent : reconnaître une addiction clinique créée par le design d’un réseau social, comme Instagram, pourrait ouvrir la voie à des standards de responsabilité (et donc de régulation, dommages, injonctions) beaucoup plus lourds.

Reuters rapporte aussi que le procès a ressorti des échanges internes, notamment autour de la question des filtres imitant la chirurgie esthétique, un angle qui touche directement aux accusations de dommages psychologiques et d’image corporelle.

Ce que disent les autorités de santé : attention aux associations, prudence sur la causalité

Les critiques de Meta s’appuient sur un corpus grandissant qui relie une utilisation prolongée à des risques accrus (sommeil, anxiété, humeur, image corporelle). Le Surgeon General américain a publié un avis officiel en 2023 pointant des préoccupations et appelant à davantage de recherches et de garde-fous.

Mais, ces avis soulignent aussi une réalité scientifique que Meta exploite : établir une causalité directe (la plateforme « cause » le trouble) est plus difficile que constater une association statistique. C’est exactement l’espace de défense dans lequel Mosseri s’installe.

Meta met en avant ses garde-fous… sans convaincre tout le monde

Meta rappelle régulièrement avoir ajouté des contrôles parentaux, des rappels de temps, et des réglages de sécurité pour les mineurs dans ses plateformes, notamment Instagram. Dans un procès, cet argument sert à montrer l’existence d’efforts de mitigation — et à contester l’idée d’un produit délibérément conçu pour nuire.

Les plaignants, eux, veulent démontrer que ces garde-fous arrivent après coup et ne compensent pas des mécaniques (recommandation, défilement infini, boucles de récompense sociale) pensées pour retenir l’attention.

En filigrane, ce procès ne juge pas seulement du temps d’écran. Il juge d’une question plus moderne — et plus inconfortable : quand une plateforme optimise l’attention, à partir de quel moment devient-elle responsable des dégâts collatéraux ?

Tags : Adam MosseriInstagramMeta
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.