Pendant des années, Siri a vécu sur un paradoxe : omniprésente dans l’écosystème Apple, mais souvent à la traîne dès qu’il fallait comprendre le contexte, enchaîner une requête complexe ou simplement « saisir l’intention ».
En 2026, Apple semble enfin prêt à traiter le problème à la racine — et le remède a un goût délicieusement ironique : Google.
Une collaboration « ami-ennemi » : Apple s’appuie sur Gemini, officiellement
Ce n’est plus seulement une rumeur : Apple et Google ont annoncé une collaboration pluriannuelle où les prochains « Apple Foundation Model » s’appuieront sur les modèles Gemini et la technologie cloud de Google, afin d’alimenter de futures fonctions d’Apple Intelligence — dont une Siri plus personnalisée « cette année ».
Pour Apple, c’est un aveu — mais aussi un choix froidement rationnel : plutôt que d’attendre que sa propre pile IA atteigne le niveau des meilleurs modèles du marché, la marque préfère accélérer avec un partenaire qui a déjà l’infrastructure, les modèles et le rythme. Des analystes interrogés par Reuters y voient d’ailleurs une façon « coûts/efficacité » d’augmenter très vite la portée d’Apple Intelligence, grâce à la distribution massive d’iOS.
Et, Apple n’abandonne pas totalement sa posture : selon Tim Cook, l’exécution restera structurée autour du traitement sur l’appareil et de Private Cloud Compute, avec la promesse de conserver les standards de confidentialité maison.
Phase 1 : iOS 26.4, le « grand ménage » de Siri (contexte, écran, apps)
La première marche est attendue avec iOS 26.4, dont la bêta est évoquée pour février 2026, avant un déploiement public plutôt en mars ou avril selon plusieurs sources qui relaient les informations de Bloomberg.
L’idée n’est pas encore de transformer Siri en chatbot façon « conversation infinie ». L’objectif est plus pragmatique — et, pour beaucoup, plus urgent : rendre Siri moins aveugle.
Apple viserait trois améliorations clés déjà promises par le passé, mais jamais livrées à pleine puissance :
- Compréhension du contexte personnel (ce que vous faites, ce que vous cherchez, ce qui est pertinent « maintenant »)
- Conscience de l’écran (interpréter « ce message », « cet e-mail », « ce document » en fonction de ce qui est affiché)
- Contrôle plus profond dans les apps (enchaîner des actions utiles, au lieu de renvoyer vers une recherche web)
Si cette couche « contextuelle » tient ses promesses, Siri peut redevenir un outil : pas un oracle, mais un chef d’orchestre du quotidien, capable de manipuler vos intentions plutôt que de les découper en commandes.
Phase 2 : iOS 27, Siri bascule dans l’ère du chatbot
Le vrai saut narratif arriverait ensuite : iOS 27 serait le moment où Siri adopterait une expérience plus conversationnelle, type ChatGPT/Gemini, avec un projet interne évoqué sous le nom de code « Campos » dans plusieurs fuites.
Toujours selon ces rapports, Apple pourrait présenter cette nouvelle Siri plus « dialogue » à WWDC 2026, avant une phase de tests puis un déploiement dans le cycle iOS 27.
C’est là que se joue la bascule psychologique : une Siri qui ne répond plus « au coup par coup », mais qui sait enchaîner, clarifier, reformuler, et — dans certaines limites — conserver le fil. Sur ce point, les sources indiquent qu’Apple hésite encore sur la profondeur de mémoire contextuelle, précisément à cause de l’équation confidentialité/personnalisation.
Apple change de doctrine — sans lâcher sa religion de la confidentialité
Cette alliance Apple–Google a quelque chose de contre-nature… et c’est précisément pour ça qu’elle est révélatrice :
- Apple admet que l’IA générative n’est plus un « plus », mais une course de fond. Quand l’assistant devient la nouvelle interface, être « juste correct » n’est plus acceptable : c’est l’expérience entière qui paraît datée.
- Google gagne un levier stratégique immense : installer Gemini comme fondation sur iOS, c’est étendre son influence au-delà d’Android, et potentiellement toucher l’un des plus grands parcs actifs au monde.
- Apple tente un hybride : emprunter la puissance (Gemini), garder la mise en scène (Siri) et verrouiller le cadre (Private Cloud Compute). Sur le papier, c’est une synthèse très « Apple » : l’externalisation du moteur, sans renoncer au contrôle de l’habitacle.
Dernier point à noter : l’accord ne serait pas exclusif, et Apple conserverait aussi une intégration de ChatGPT pour certaines demandes « opt-in », selon Reuters.
Si Apple réussit, 2026 pourrait être l’année où Siri cesse d’être un bouton vocal pour redevenir un vrai compagnon d’usage — discret, utile, et enfin aligné avec l’époque. Et si Apple échoue malgré Gemini, ce ne sera plus un problème de « moteur » : ce sera une crise de vision produit.



