Opera relance sa tradition : une « renaissance » annuelle de son navigateur phare, avec une mise à jour qui ne cherche pas l’effet waouh gratuit, mais la friction en moins. Opera One R3 mise sur trois leviers très concrets — mieux ranger, mieux séparer les contextes, mieux tester — avec une obsession : faire du navigateur un cockpit où l’on passe sa journée sans se perdre.
« Grâce à cette nouvelle version d’Opera One, tous vos onglets sont soigneusement organisés en îlots d’onglets codés par couleur, votre IA intégrée fonctionne dans le contexte de chacun de ces groupes, et votre navigateur vous propose un thème et un paysage sonore personnalisés. Le début de cette nouvelle année est le meilleur moment pour vous offrir le meilleur navigateur pour travailler avec autant d’outils, de sites web et de services IA que vous le souhaitez, le tout dans un cadre visuel et sonore magnifique », affirme Mohamed Salah, directeur principal des produits chez Opera.
Tab Islands : la gestion d’onglets passe de « pratique » à « lisible »
C’est la star de Opera One R3 : les Tab Islands (ces groupes d’onglets créés automatiquement par « contexte ») gagnent enfin ce qui leur manquait pour devenir évidents au quotidien : un nom et une couleur. Vous pouvez donc marquer un îlot « Travail » en bleu, « Veille » en vert, « Shopping » en rose — et surtout les reconnaître sans les ouvrir.

Sur le papier, c’est un détail. En réalité, c’est une correction de fond : l’organisation n’est utile que si elle est instantanément compréhensible, et la couleur est l’outil le plus rapide pour la mémoire visuelle.
Une IA qui respecte enfin le contexte (et promet +20 % de vitesse)
Opera annonce une IA « reconstruite », héritant d’une nouvelle architecture issue du moteur agentique de Opera Neon, avec des réponses annoncées 20 % plus rapides. Mais, l’idée la plus intéressante est ailleurs : l’IA peut travailler au niveau d’un onglet ou d’une Tab Island, pour éviter le mélange des sujets (le vrai poison des assistants quand on passe d’un dossier à l’autre).
Et si vous n’en voulez pas, Opera précise que la fonction peut être désactivée.

Opera met aussi en avant un cas d’usage très « 2026 » : poser des questions sur une vidéo YouTube, retrouver un passage précis, ou résumer un sujet long.
Early Bird remplace Opera Beta : tester les nouveautés sans changer de navigateur
Deuxième bascule produit : Opera abandonne l’idée d’un navigateur Beta séparé. À la place, un simple interrupteur Early Bird dans Opera One permet d’activer des fonctionnalités expérimentales, module par module. Conséquence directe : Opera Beta est arrêté, avec une fin de support fixée au 14 janvier 2026 (Opera Developer reste, lui, maintenu).
C’est un changement stratégique : Opera veut réduire la fragmentation et ramener l’expérimentation dans le navigateur du quotidien.
Partage d’écran jusqu’à 4 vues, Gmail/Agenda en barre latérale, et thèmes dynamiques
Opera One R3 ajoute aussi plusieurs briques « productivité » :
- Partage d’écran : de deux vues, on passe à jusqu’à quatre, avec des layouts (horizontal/grille) — mais la nouveauté est annoncée comme faisant partie d’Early Bird.
- Barre latérale : arrivée de Gmail et Google Agenda, aux côtés des intégrations déjà populaires (messageries, musique, etc.).

- Thèmes dynamiques : Radiance, Orbit et Sonic, avec une identité « R3 » centrée sur une sphère ; Sonic, conçu avec Spotify, réagit à la musique lue via le player du navigateur.
Opera ne veut plus être un navigateur « alternatif », mais une interface de travail
Ce Opera One R3 raconte une chose simple : Opera parie sur la gestion de contexte comme différenciateur — onglets regroupés, IA cloisonnée, modules latéraux, partage d’écran. Là où Chrome et Edge optimisent la compatibilité et la performance, Opera tente de vendre un workflow.
Et le timing n’est pas anodin : Mozilla pousse aussi des améliorations « ressenties ». Autrement dit : le navigateur redevient un terrain d’innovation incrémentale… mais décisive.



