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Siri + Gemini : L’alliance explosive entre Apple et Google pour sauver l’iPhone

Siri + Gemini : L’alliance explosive entre Apple et Google pour sauver l’iPhone
Siri + Gemini : L’alliance explosive entre Apple et Google pour sauver l’iPhone

Apple a tellement promis un Siri « plus personnel » qu’on finissait par se demander si la fonctionnalité existait ailleurs que dans une démo bien montée. Cette semaine, la firme a enfin posé une pièce majeure sur l’échiquier : un partenariat pluriannuel avec Google pour baser la prochaine génération d’Apple Foundation Model sur Gemini et sur la technologie cloud de Google — avec, en ligne de mire, un Siri revampé et une Apple Intelligence plus ambitieuse.

Sur le papier, c’est l’alliance la plus explosive du smartphone depuis des années. Dans les faits, c’est aussi un test de crédibilité : Apple peut-elle « emprunter » le moteur IA de Google tout en restant Apple ?

Une annonce large… et volontairement floue

Le cœur du message tient en une phrase, publiée noir sur blanc dans un communiqué conjoint : les Apple Foundation Model seront basés sur les modèles Gemini et la technologie cloud de Google.

Ça dépasse Siri : on parle d’une fondation technologique susceptible d’irriguer une partie des fonctionnalités Apple Intelligence — et de s’étendre à l’écosystème (iPhone, iPad, Mac, etc.), comme le relaient plusieurs médias.

Mais Apple et Google laissent volontairement des zones d’ombre : quelle part des requêtes ? Quels composants exacts ? Quel niveau de personnalisation « Apple » au-dessus de Gemini ? On sait surtout que la promesse marketing est… la confidentialité.

La promesse « confidentialité » : l’argument le plus fragile, donc le plus scruté

Apple insiste depuis le début sur une IA « sur l’appareil » et sur Private Cloud Compute. Reuters rappelle que, dans ce partenariat, Apple entend conserver cette architecture : traitements localement quand possible, et bascule sur cloud privé Apple quand nécessaire — afin d’éviter que les données ne deviennent une monnaie d’échange.

Google, de son côté, a publié des messages « d’assurance » sur la sécurité et le fait qu’Apple Intelligence continuerait de fonctionner selon les standards de confidentialité annoncés.

Le problème : c’est précisément là que tout se joue. Une alliance Apple–Google qui touche au cœur de l’expérience iPhone, en 2026, sera disséquée par les utilisateurs (qui n’ont pas choisi Google comme partenaire « par défaut » dans leur imaginaire Apple), les développeurs (qui veulent comprendre la direction produit), et surtout les régulateurs.

L’ombre portée de l’accord Search : l’antitrust revient par la grande porte

Impossible d’ignorer l’éléphant dans la pièce : Apple et Google traînent déjà un historique encombrant avec l’accord faisant de Google le moteur par défaut sur Safari. Cette nouvelle couche « Gemini » arrive dans un climat de surveillance maximale des Big Tech.

Reuters évoque explicitement le risque d’un examen antitrust, tant la concentration de pouvoir ressemble, de loin, à une extension d’un partenariat déjà controversé. Même Elon Musk s’est engouffré dans la brèche en dénonçant une « concentration de pouvoir » au profit de Google.

Autrement dit : si le deal ressemble trop à une dépendance structurelle (ou à une exclusivité déguisée), les autorités ne regarderont pas ailleurs.

Le vrai enjeu produit : Siri doit redevenir fiable… sans devenir « capricieuse »

La question la plus importante n’est pas « Gemini est-il bon ? » — aujourd’hui, Gemini fait partie du haut du panier sur mobile. La question, c’est : comment Apple va l’encapsuler pour éviter les écueils des assistants LLM ?

On l’a vu ailleurs : les assistants « LLM-first » gagnent en conversation, mais peuvent perdre en fiabilité sur des actions simples si l’orchestration est mal conçue (routines, domotique, commandes répétitives). Apple devra donc réussir une synthèse difficile : garder la détermination et la prédictibilité d’un assistant classique pour les actions (alarme, musique, maison), tout en ajoutant la compréhension contextuelle et la raison promises à WWDC (fichiers, messages, calendriers, apps, écran).

Si Apple réussit, l’iPhone gagne un avantage massif : une IA compétitive sans renier l’ADN « privacy + intégration ». Si Apple échoue, Siri peut devenir ce que redoutent les utilisateurs : un assistant brillant en démo, frustrant au quotidien.

Apple achète du temps… et Google achète un réflexe

Ce partenariat dit beaucoup des deux entreprises. Apple admet implicitement que « rattraper » seule le niveau des meilleurs modèles était trop lent. En s’appuyant sur Gemini, elle achète du temps et de la crédibilité — à condition de maîtriser l’implémentation et la communication. Google achète mieux qu’un client : elle achète une habitude. Si Gemini devient l’intelligence silencieuse derrière l’iPhone, c’est un gain culturel et stratégique énorme dans la bataille des assistants.

La suite se jouera sur trois points concrets : ce qui tourne réellement sur l’appareil, ce qui part dans le cloud, et la qualité de l’orchestration (la partie la plus difficile — et la moins visible).

Tags : AppleGeminiGoogleSiri
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.