En 2026, l’IA ne se juge plus seulement à la qualité d’une réponse, mais au coût d’un flux continu : des agents qui planifient, appellent des outils, lisent des documents, naviguent des interfaces et écrivent du code… toute la journée.
Avec Claude Sonnet 4.6, Anthropic vise précisément ce point de friction : un modèle Claude plus compétent, au même tarif, pensé pour devenir le moteur par défaut des usages « qui tournent en production ».
Claude Sonnet 4.6 : un upgrade complet… sans hausse de prix
Anthropic présente Claude Sonnet 4.6 comme une mise à niveau transversale : code, « computer use », raisonnement long contexte, planification agentique, travail de bureau, design — avec une fenêtre de contexte 1 million de tokens (bêta). Le modèle devient aussi le choix par défaut dans claude.ai et Claude Cowork, y compris pour les offres Free/Pro.
Et, le détail qui compte : la tarification API reste à 3/15 dollars par million de tokens (entrée/sortie), comme Claude Sonnet 4.5.

Beaucoup de commentaires comparent Sonnet à l’ancienne ère « Opus à 15/75 dollars ». Ce tarif existe bien… mais pour des modèles Opus plus anciens (Opus 4/4,1).
Donc, l’histoire n’est pas « Sonnet remplace Opus à 1/5 du prix » dans l’absolu : l’écart est plutôt d’environ 1,67× sur les tarifs de base (5→3 et 25→15). Là où l’effet peut devenir très réel, en revanche, c’est quand Claude Sonnet 4.6 évite de monter en gamme sur des workflows agentiques à très gros volumes — et c’est exactement le positionnement d’Anthropic.
Les chiffres qui racontent le moment : « computer use » devient enfin un KPI business

Sur la capacité « computer use », Anthropic met en avant OSWorld-Verified et décrit une progression rapide depuis l’introduction de la fonctionnalité en 2024, avec une amélioration de la résistance aux attaques de type prompt injection. La nouvelle itération obtient un score de 72,5.% sur OSWorld-Verified, ce qui constitue un saut qualitatif « en conditions réelles » (formulaires web multi-étapes, tableurs complexes).

Côté dev, Anthropic affirme que dans Claude Code, les testeurs ont préféré Claude Sonnet 4.6 à Claude Sonnet 4.5 environ 70 % du temps, et même à Opus 4.5 environ 59 % du temps, avec moins « d’overengineering » et plus de suivi d’instructions.
L’ère du « modèle premium » recule… au profit du « modèle par défaut »
Le mouvement est clair : Anthropic veut réduire la distance entre capacité de pointe et capacité rentable. On peut l’analyser comme une stratégie de « rétrécissement de l’écart » entre premium et mainstream, en faisant de meilleures performances le standard, y compris pour les utilisateurs gratuits.
Dans un monde où l’IA devient un moteur d’agents (support, BI, docs, automatisation, code review), le vrai luxe, c’est la stabilité au bon prix : un modèle assez fort pour « tenir » des chaînes d’actions, assez prévisible pour passer en prod, assez abordable pour tourner toute la journée.
Autrement dit, Claude Sonnet 4.6 n’est pas seulement une version de plus. C’est un signal de marché. Quand le modèle « milieu de gamme » devient suffisamment bon pour absorber la majorité des cas d’usage, le premium change de rôle : il devient l’outil des extrêmes (très long contexte, tâches difficiles, exigences de conformité), pas le réflexe par défaut.



