On pensait l’inflation des consoles surtout dictée par les jeux, les bundles, ou les taxes. Mais, un scénario plus étrange prend forme : la Switch 2 pourrait augmenter de prix en 2026 à cause… de l’IA.
Selon Bloomberg, Nintendo étudie l’hypothèse d’un ajustement tarifaire, tiré par la flambée mondiale des prix de la mémoire (DRAM).
Switch 2 : Une console qui se vend bien, mais un composant qui explose
La Switch 2 a été lancée à 449,99 dollars aux États-Unis, 470 euros en France, avec une sortie au 5 juin 2025. D’après Bloomberg, le sujet n’est pas la demande (la machine se vend), mais le coût de production, et notamment celui de la DRAM, devenue un point de friction majeur depuis l’accélération des investissements IA.
Le rapport Bloomberg met en avant un indicateur qui résume l’ambiance : le prix d’un type de DRAM aurait bondi de 75 % de décembre à janvier.
« RAMmageddon » : pourquoi l’IA siphonne la mémoire du monde
La mécanique est brutale : les géants du cloud et de l’IA achètent à grande échelle des accélérateurs (GPU/ASIC) qui embarquent — et exigent — énormément de mémoire. Résultat : les fabricants et la chaîne d’approvisionnement privilégient les segments les plus rentables (dont la mémoire liée aux workloads IA), et l’électronique grand public se retrouve à se battre pour des volumes plus contraints.
Et, Nintendo n’est pas seule à être impactée : le même contexte « mémoire » est cité comme facteur de pression sur la stratégie de Sony (calendrier PS6) et, plus largement, sur les prix hardware.
Nintendo temporise… sans fermer la porte
La communication officielle reste prudente. Dans un document IR (Q&A) publié début février, Nintendo explique qu’aucune décision n’a été prise concernant un changement de prix, tout en reconnaissant que la hausse des coûts de composants peut peser sur la profitabilité si elle dure.
Autrement dit, pas d’augmentation annoncée, mais un « on surveille » très assumé.
Le « bon moment » pour acheter pourrait disparaître
Si la hausse se confirme, elle changerait un réflexe historique : attendre une promo ou une baisse naturelle en milieu de génération. Là, Bloomberg suggère plutôt l’inverse : la fenêtre de lancement (prix stable) pourrait être la plus douce, avant que les coûts ne se répercutent.
Deux conséquences probables :
- Moins de baisses de prix, plus de bundles « valeur ajoutée » (jeu inclus, abonnement, accessoires) pour donner l’impression d’un deal sans toucher au prix de vente conseillé.
- Une pression sur les marges qui peut pousser Nintendo à choisir entre absorber, optimiser (révisions internes, composants alternatifs), ou augmenter.
Le plus ironique ? Cette histoire dit quelque chose de plus large : l’IA ne change pas seulement les logiciels et les usages — elle redessine la hiérarchie des composants et, par ricochet, le prix de nos machines de loisir.



