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DietPi 10.0 : Le passage à Debian 12 devient obligatoire pour tous

DietPi 10.0 : Le passage à Debian 12 devient obligatoire pour tous
DietPi 10.0 : Le passage à Debian 12 devient obligatoire pour tous

DietPi vient de franchir un cap symbolique avec la sortie de la version 10.0 : plus qu’un “simple” update, c’est un changement de socle qui modernise l’écosystème… au prix d’une rupture assumée.

Au programme : fin du support Debian 11, nouvelles briques “self-hosted” et un ménage nécessaire dans les apps qui n’ont pas suivi le rythme de PHP et des dépôts récents.

Une base plus saine : DietPi dit adieu à Debian 11 Bullseye

Le point le plus important est aussi le plus clivant : DietPi 10.0 abandonne Debian 11 “Bullseye” et exige désormais Debian 12 “Bookworm” (ou supérieur).

Sur le papier, c’est cohérent : Bullseye est déjà passé en phase de support long terme (LTS) avec un périmètre réduit, et sa fin de vie LTS est fixée à fin août 2026. Pour un projet qui mise sur la simplicité d’installation et un catalogue logiciel propre, rester trop longtemps sur un socle vieillissant finit par coûter cher — en maintenance, en sécurité, et en compatibilité.

Le “bon” ménage : ownCloud Infinite Scale arrive, Uptime Kuma aussi

DietPi 10.0 ne se contente pas de couper l’ancien : il ajoute aussi deux pièces très actuelles à son arsenal de serveur léger :

  • ownCloud Infinite Scale remplace ownCloud 10, notamment parce que la branche “classique” ne suit plus correctement les exigences modernes (dont PHP 8.x).
  • Uptime Kuma fait son entrée dans DietPi-Software : un monitoring simple et efficace pour surveiller services, sites et endpoints, sans se perdre dans des usines à gaz.

Le message est clair : DietPi veut rester une base minimale, mais parfaitement alignée avec le self-hosting moderne (cloud perso, monitoring, Docker, etc.) — et donc compatible avec les dépendances d’aujourd’hui, pas celles de 2019.

Les victimes collatérales : certains SBC deviennent “trop vieux” d’un coup

La contrepartie est brutale pour une partie du monde des single-board computers : certains modèles perdent le support, faute de noyaux et de bootloaders capables de suivre Debian 12/13.

DietPi cite notamment Sparky SBC et plusieurs NanoPi (familles M2/T2/Fire2 et M3/T3/Fire3). En cause : des kernels “vendor” trop anciens (parfois bloqués sur des branches très datées), impossibles à faire évoluer proprement vers les exigences actuelles.

Dit autrement : ce n’est pas DietPi qui “abandonne” ces cartes par confort, c’est l’absence de support mainline solide côté fabricants qui rend la maintenance intenable.

Les sorties de scène logiques : caméras legacy et vieux clouds

Dans la même logique, DietPi 10.0 retire quelques options du catalogue DietPi-Software :

  • RPi Cam Web Interface (dépendances liées à l’ancienne pile caméra, maintenance au ralenti)
  • Pydio 8 (incompatible PHP 8.x, migration vers Pydio Cells évoquée)

C’est une décision pragmatique : quand l’OS bouge, les apps qui refusent d’évoluer deviennent des angles morts — et DietPi préfère les remplacer plutôt que de traîner des “exceptions” qui finissent en problèmes.

Si vous êtes sur Raspberry Pi / matériel encore supporté : bonne nouvelle. Vous gagnez une base plus moderne, un catalogue mieux tenu, et moins de bricolage pour rester à jour. Si vous êtes sur un SBC à kernel antique : deux options réalistes : rester sur une branche figée, ou migrer vers un matériel mieux supporté (ou un OS alternatif si vous tenez à cette carte).

Au fond, DietPi rappelle une vérité que le hardware “maker” a parfois du mal à accepter : dans l’auto-hébergement, la longévité ne dépend pas seulement de la puissance de la puce, mais de la qualité du support logiciel.

Tags : Debian 12DietpiRaspberry Pi
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.