En 2025, Honor a signé l’une de ces progressions qui font lever les yeux dans les états-majors : une croissance internationale rapide, régulière, et surtout mieux structurée qu’on ne l’imagine. Derrière les chiffres, c’est une mécanique de marque qui s’installe — avec une obsession : gagner le milieu de gamme, sans renoncer au prestige.
Selon des données relayées autour d’une analyse d’Omdia, les expéditions de smartphones Honor hors de Chine auraient progressé d’environ 55 % sur un an entre le T1 et le T3 2025, ce qui en ferait la plus forte croissance « internationale » parmi les principaux vendeurs mondiaux sur la période.

Point important : ici, « outre-mer » ne signifie pas « partout ». Les États-Unis ne sont pas dans l’équation (Honor n’y vend pas officiellement), et la performance s’exprime surtout en Europe, Amérique latine, Moyen-Orient/Afrique et Asie du Sud-Est.

Le vrai moteur de Honor : le marché des 300–499 dollars, là où se fabrique la confiance
L’angle le plus intéressant n’est pas seulement la croissance, mais où Honor va la chercher : le marché des 300–499 dollars pèserait environ 23 % des expéditions internationales de la marque sur la période T1–T3 2025 — un poids particulièrement élevé face à d’autres acteurs chinois. 
C’est une stratégie très « 2026 » : assez premium pour donner envie (écrans, photo, autonomie, finitions), assez accessible pour faire du volume, et surtout suffisamment rentable pour financer la suite (distribution, SAV, marketing, et… IA).
En clair, Honor ne joue pas seulement la « fiche technique agressive ». Il joue la construction d’habitude : devenir la marque que l’on rachète sans hésiter, parce qu’elle a déjà prouvé sa solidité.
Europe : la vitrine, les smartphones pliables : le symbole
Le rapport évoque une présence dans le top 5 dans certains marchés d’Europe de l’Ouest (notamment Royaume-Uni et France sur la période), signe que la marque commence à exister au-delà des marchés « opportunistes ».
Et, il y a un détail qui compte pour l’image : le pliable. Le Magic V5 aurait même aidé Honor à atteindre la 2e place sur le segment des smartphones pliables de type « livre » en Europe de l’Ouest. Symboliquement, c’est énorme : ce type de produit sert moins à faire du volume qu’à installer une signature technologique face à Samsung, Google… et l’ombre d’Apple à venir.
La contrainte 2026 : l’effet « mémoire » qui peut casser l’élan
Reste un risque structurel : la pression sur les coûts. Plusieurs analyses de marché anticipent une hausse des prix de la DRAM et de la NAND (portée, entre autres, par la demande liée à l’IA et les arbitrages de capacité), avec des impacts possibles sur les produits grand public.
Pour Honor, c’est un test de maturité pour monter en capacité (RAM/stockage) sans exploser les prix, sécuriser l’approvisionnement face à des acteurs plus puissants, et maintenir l’attrait du mid-range… précisément là où la concurrence est la plus féroce.
Honor n’a pas « juste » fait une bonne année : il a dessiné une trajectoire. En investissant le mid-range comme une rampe de lancement (plutôt qu’un simple volume), la marque construit un capital confiance qui peut, à terme, légitimer ses flagships. Mais 2026 sera impitoyable : la hausse des coûts composants et la bataille de distribution décideront si cette croissance est un pic… ou le début d’un statut.



