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Images IA sur X : Grok bloque l’accès gratuit après une vague de deepfakes

Grok passe derrière un paywall : X face à la controverse sur les dérives de l’IA générative
Grok passe derrière un paywall : X face à la controverse sur les dérives de l’IA générative

L’IA conversationnelle Grok, soutenue par Elon Musk et intégrée au réseau social X, vient de franchir une nouvelle étape polémique. Depuis la fin de semaine dernière, ses outils de génération et d’édition d’images sont désormais réservés aux abonnés payants. Une décision qui intervient après une vague massive de critiques liées à la production d’images sexualisées non consenties.

Si ce verrouillage est présenté comme une mesure de sécurité, de nombreux experts estiment qu’il s’agit surtout d’un pansement mal ajusté sur une crise bien plus profonde.

Grok : Un accès payant… mais loin d’être étanche

Depuis jeudi soir, la génération d’images via Grok est bloquée derrière X Premium, facturé à partir de 8 dollars par mois. Sur le papier, l’objectif est clair : limiter les abus en restreignant l’accès aux outils les plus sensibles.

Dans les faits, la mesure est largement critiquée. Les fonctionnalités restent totalement accessibles gratuitement via le site indépendant de Grok et ses applications mobiles. Résultat, les utilisateurs occasionnels sur X sont freinés, mais les usages problématiques restent possibles ailleurs.

Un contournement qui fragilise fortement le discours officiel de la plateforme.

Une monétisation de l’abus, selon les chercheurs

Les spécialistes de la sécurité numérique ne sont pas convaincus. Pour eux, exiger une carte bancaire ne supprime pas le problème, il le déplace — voire l’exploite.

La chercheuse en deepfakes Genevieve Oh affirme que, même après l’instauration du paywall, Grok continuerait à générer plus de 1 500 images préjudiciables par heure, représentant près de 60 % de sa production publique.

Des chiffres qui placeraient Grok au-dessus de nombreux sites spécialisés dans le détournement d’images, pourtant déjà largement décriés.

La pression politique s’intensifie

L’affaire dépasse désormais le cadre technologique. Aux États-Unis, les sénateurs Ron Wyden, Edward J. Markey et Ben Ray Luján ont adressé une lettre formelle aux dirigeants de Apple et Google, leur demandant d’envisager le retrait de X de l’App Store et du Play Store.

Selon eux, X ferait preuve d’un « mépris total » des règles de sécurité imposées à tous les autres développeurs.

La pression est également internationale. Au Royaume-Uni, un porte-parole du Premier ministre a qualifié le paywall d’« insultant pour les victimes ». En Inde, les autorités ont jugé la réponse largement insuffisante. Des militantes ont par ailleurs confirmé que Grok restait capable de produire des images non consenties via ses applications autonomes, malgré les annonces officielles.

Une polémique… rentable ?

Ironie du sort : la controverse semble profiter financièrement à la plateforme. Selon Sensor Tower, les revenus liés aux achats intégrés sur X ont bondi de 18 % en une seule journée, un pic inhabituel qui suggère que l’accès aux fonctionnalités controversées de Grok pourrait stimuler les abonnements.

Un signal inquiétant pour les observateurs, qui y voient une incitation économique à retarder de vraies protections techniques.

X se retrouve désormais face à un choix clair : soit implémenter de véritables garde-fous techniques, intégrés au cœur du modèle, soit risquer une exclusion progressive des grandes plateformes et marchés internationaux.

Limiter l’accès sans corriger la technologie elle-même pourrait s’avérer insuffisant — juridiquement, éthiquement et politiquement.

Le cas Grok illustre une vérité de plus en plus évidente : la régulation de l’IA ne peut pas reposer sur des barrières tarifaires. Tant que les capacités problématiques restent intactes, le risque demeure.

Tags : GrokX
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.