Au CES 2026, Razer n’a pas seulement parlé d’IA : la marque l’a matérialisée. Avec Project AVA, elle imagine un compagnon holographique posé sur le bureau, branché au PC, capable de lire le contexte d’un écran, de coacher en jeu et d’aider sur les tâches du quotidien.
Le tout sous forme d’un avatar 3D animé de 5,5 pouces — et déjà réservable via un dépôt de 20 dollars.
D’un « coach esport » à un compagnon 24/7
L’histoire de Project AVA n’a pas commencé cette année : Razer l’avait introduit au CES 2025 comme un assistant orienté gaming. En 2026, la proposition se déplace : Project AVA devient un compagnon de bureau présenté comme utile « pour le travail, la vie et le jeu », avec une personnalité « évolutive » et plusieurs avatars au choix.
Razer assume aussi l’esthétique « objet de bureau » : un cylindre façon mini-vitrine, avec caméra, micros et haut-parleur intégrés, destiné à vivre à côté de votre clavier plutôt que dans une app.
Le point le plus important — et le plus différenciant — tient dans la fiche technique officielle : Project AVA nécessite une connexion directe à un PC Windows via USB-C. Razer explique que ce choix sert à garantir un débit suffisant pour son PC Vision Mode, censé analyser le contenu à l’écran avec une latence minimale.
En clair : Project AVA ne se contente pas d’écouter. Elle est pensée pour voir ce que vous faites sur votre machine, et s’y greffer comme une surcouche.
Grok aujourd’hui, « architecture ouverte » demain
Côté IA, plusieurs sources indiquent que le système repose actuellement sur xAI/Grok, tout en promettant une « architecture ouverte » destinée à accueillir d’autres plateformes à l’avenir.
Sur le papier, c’est un angle intéressant : plutôt qu’un assistant unique verrouillé, AVA se présente comme un front-end capable de changer de moteur — une logique qu’on commence à voir émerger dans l’écosystème des « companion devices ».
Razer a ouvert une page de réservation : 20 dollars de dépôt (annoncé comme remboursable et crédité sur le prix final), avec une livraison « estimée » au second semestre 2026 aux États-Unis. Le prix public final n’est pas encore communiqué.
La promesse est séduisante… mais l’écran et la caméra changent la question de la confiance
Project AVA coche une intuition très juste : l’IA devient réellement utile quand elle comprend le contexte (ce que vous faites, ce que vous voyez, où vous en êtes), pas quand elle attend une question parfaite. En cela, l’idée d’une AVA branchée au PC, « always-on », capable d’assister à un match comme une session de travail, peut séduire une partie des joueurs-créateurs.

Mais, ce choix technique réécrit aussi le contrat implicite d’une IA qui voit l’écran et vous observe via webcam pose immédiatement une question de périmètre, de stockage et de contrôle, et la réception culturelle est loin d’être acquise, surtout avec des avatars très marqués.
La trajectoire est donc limpide : si Razer veut que Project AVA dépasse le statut d’objet CES, la prochaine étape ne sera pas seulement la puissance de l’IA. Ce sera la clarté : qu’est-ce qui est vu, quand, où cela va, et comment on coupe. Sans ce niveau de transparence, l’hologramme risque de rester un gadget brillant — le genre d’idée qui vit très bien en démo, beaucoup moins bien dans un bureau réel.






