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Raspberry Pi publie son guide officiel pour construire son propre cyberdeck

Raspberry Pi publie son guide officiel pour construire son propre cyberdeck
Raspberry Pi publie son guide officiel pour construire son propre cyberdeck

Les cyberdecks ne sont plus seulement des machines cyberpunk bricolées dans un garage pour le plaisir. Face à l’engouement croissant des makers, Raspberry Pi publie désormais son propre guide pour construire un ordinateur portable personnalisé, avec écran tactile, clavier, batterie et boîtier renforcé.

Pensé autour d’un Raspberry Pi 5, le projet se veut suffisamment accessible pour servir de première véritable construction DIY, tout en laissant une grande liberté de personnalisation. Une philosophie qui correspond parfaitement à l’ADN de Raspberry Pi : partir d’un ordinateur minimaliste pour fabriquer une machine que l’industrie ne propose tout simplement pas.

Le cyberdeck, l’ordinateur portable que l’on construit soi-même

Difficile de donner une définition stricte du cyberdeck. À mi-chemin entre le PC portable, la station de travail mobile et l’objet cyberpunk, ces machines sont généralement conçues autour d’un besoin très précis. Certains modèles servent de terminaux de programmation, d’autres de stations de communication, de consoles mobiles ou encore de machines capables de fonctionner loin d’une prise électrique.

Leur point commun reste leur philosophie : l’utilisateur choisit lui-même la forme, les composants et les fonctions de son ordinateur.

Cette liberté explique en partie le regain d’intérêt observé autour de ces projets. À l’heure où les ordinateurs portables modernes deviennent de plus en plus intégrés et difficiles à modifier, le cyberdeck représente presque l’approche opposée.

Tout peut être démonté, remplacé, imprimé en 3D ou réorganisé. Et, Raspberry Pi constitue naturellement une excellente base pour ce type de machine.

Raspberry Pi publie désormais son propre tutoriel

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La fondation a donc décidé de formaliser le concept avec un guide complet expliquant comment construire un cyberdeck à partir de zéro. Le projet présenté repose notamment sur un Raspberry Pi 5, accompagné d’un écran tactile, d’un clavier, d’un système de stockage et d’une alimentation portable.

Raspberry Pi divise essentiellement la machine en quatre éléments : le cerveau informatique, les périphériques, l’alimentation et le boîtier.

Cette organisation permet de comprendre rapidement la logique d’un cyberdeck sans imposer une configuration entièrement figée. Le Raspberry Pi constitue évidemment le cœur de l’appareil, tandis que l’écran tactile et le clavier permettent de transformer la petite carte en ordinateur réellement autonome.

Il faut ensuite ajouter une batterie afin de rendre l’ensemble portable, puis intégrer tous les composants dans un châssis suffisamment solide.

Un boîtier renforcé et des pièces imprimées en 3D

La construction physique représente une part importante du projet. Raspberry Pi utilise notamment un boîtier rigide de type valise de protection, une solution très populaire dans la communauté cyberdeck. L’intérêt est double. Ce type de boîtier protège les composants pendant le transport tout en offrant suffisamment d’espace pour installer un écran, une batterie, le Raspberry Pi et différents périphériques.

Des supports spécifiques peuvent ensuite être imprimés en 3D ou découpés au laser afin de maintenir les composants à l’intérieur. Cette étape donne également toute sa personnalité au projet.

Contrairement à un ordinateur portable classique, dont le châssis est défini une fois pour toutes par le constructeur, un cyberdeck peut évoluer en fonction de son propriétaire. Dimensions, disposition des ports, emplacement du clavier ou angle de l’écran peuvent être adaptés.

Raspberry Pi encourage surtout la personnalisation

Le guide ne cherche d’ailleurs pas à présenter le modèle proposé comme une machine définitive. Raspberry Pi encourage explicitement les utilisateurs à modifier le projet. Il est par exemple possible d’ajouter un Raspberry Pi Pico comme coprocesseur, d’intégrer davantage de LED, de concevoir un autre boîtier ou d’ajouter des contrôleurs physiques spécifiques.

Les makers les plus expérimentés peuvent aller beaucoup plus loin. Un cyberdeck peut intégrer des capteurs, des boutons programmables, plusieurs écrans, des modules radio ou même adopter une conception portable directement sur le corps.

La limite devient alors moins technique que créative.

C’est précisément ce qui différencie ce genre de machine d’un ordinateur commercial : le cyberdeck n’est pas conçu pour répondre aux besoins du plus grand nombre, mais à ceux de son constructeur.

Combien coûte un cyberdeck Raspberry Pi ?

La facture dépend évidemment des composants choisis et surtout du matériel que l’on possède déjà. En suivant la configuration présentée dans le guide, le Raspberry Pi 5 doté de 4 Go de RAM représente environ 150 euros, tandis que l’écran coûte autour de 90 euros. Le boîtier et certains petits composants peuvent ajouter une vingtaine d’euros ou davantage selon les choix retenus.

La base informatique peut donc rester relativement raisonnable. Mais, le véritable coût du projet apparaît lorsqu’il faut fabriquer les pièces personnalisées.

Une imprimante 3D ou une découpeuse laser représente un investissement beaucoup plus important si l’on ne dispose pas déjà de ce matériel. Il faut également tenir compte des consommables comme le filament, les plaques de matériau ou les différentes pièces de fixation.

Le projet devient donc nettement plus économique pour les makers déjà équipés. Pour les autres, les fablabs et services d’impression à la demande peuvent constituer une alternative plus logique que l’achat d’une machine uniquement pour construire un cyberdeck.

Une excellente porte d’entrée dans le monde des makers

Cependant, l’intérêt du guide dépasse le simple résultat final. Construire un cyberdeck oblige à toucher à plusieurs disciplines : informatique, électronique, alimentation, conception mécanique et parfois modélisation 3D.

Un débutant peut commencer avec une configuration relativement simple puis ajouter progressivement de nouvelles fonctions. C’est précisément le type de projet qui permet de transformer les connaissances théoriques autour du Raspberry Pi en expérience concrète.

Le résultat possède également une utilité immédiate. Une fois terminé, le cyberdeck reste un véritable ordinateur Linux capable de naviguer sur le Web, programmer, administrer des machines à distance ou exécuter différents outils selon sa configuration.

Le retour du PC véritablement personnel

Le succès des cyberdecks raconte aussi quelque chose de plus large sur notre rapport au hardware. Les ordinateurs modernes n’ont jamais été aussi fins, puissants et sophistiqués, mais ils sont également devenus extrêmement standardisés. Un MacBook, un ultrabook Windows ou une tablette arrive comme un produit terminé. Le propriétaire choisit quelques options au moment de l’achat, puis utilise essentiellement la machine telle qu’elle a été imaginée par son constructeur.

Le cyberdeck inverse complètement cette logique.

Le design commence par l’usage. Besoin de davantage de ports ? Ils peuvent être ajoutés. D’un écran atypique ? Il peut être intégré. D’une énorme batterie ? Le châssis peut être conçu autour d’elle. D’un clavier mécanique, de boutons physiques ou de capteurs spécifiques ? Rien n’interdit de les installer.

Cette liberté explique probablement une partie de la fascination actuelle pour ces machines.

Raspberry Pi transforme une tendance DIY en véritable projet accessible

En publiant son propre tutoriel, Raspberry Pi ne cherche pas seulement à surfer sur une esthétique cyberpunk devenue populaire. La fondation rappelle surtout ce qui a toujours constitué l’une des forces de son ordinateur : être le point de départ d’un projet plutôt que le produit final.

Le Raspberry Pi 5 fournit suffisamment de performances pour constituer le cœur d’un véritable ordinateur portable, tandis que l’impression 3D et la disponibilité de composants électroniques relativement accessibles permettent aujourd’hui de construire des machines qui auraient demandé beaucoup plus de moyens il y a encore quelques années.

Le cyberdeck représente finalement une forme assez radicale de personnalisation informatique.

À l’heure où une grande partie de l’industrie cherche à rendre les ordinateurs toujours plus invisibles et fermés, Raspberry Pi propose exactement l’inverse : ouvrir la machine, choisir chaque composant et construire soi-même l’ordinateur que l’on aurait aimé pouvoir acheter.

Tags : cyberdeckRaspberry Pi
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.