Apple pourrait à son tour relever le prix de ses prochains iPhone. Selon Mark Gurman, la hausse persistante du coût de la mémoire et du silicium pèse désormais suffisamment sur les marges pour que Cupertino envisage une augmentation, potentiellement de l’ordre de 100 dollars sur les modèles Pro.
Après les Mac et les iPad, l’iPhone pourrait être le prochain
Apple a déjà augmenté le prix de plusieurs Mac et iPad en 2026. La raison est largement la même que chez le reste de l’industrie : les coûts liés à la mémoire, au stockage et aux semi-conducteurs ont fortement progressé.
Jusqu’ici, l’iPhone avait été relativement protégé. Cela pourrait changer avec la génération iPhone 18. Selon Mark Gurman, Apple étudie désormais plusieurs scénarios tarifaires pour absorber une partie de l’augmentation de ses coûts de production.
Aucune décision définitive n’aurait encore été prise.
L’iPhone 18 Pro pourrait passer à 1 199 dollars
Le scénario le plus simple serait une augmentation de 100 dollars sur les modèles Pro. L’iPhone 18 Pro passerait alors de 1 099 à 1 199 dollars aux États-Unis. Cela représenterait une hausse d’environ 9 %. L’iPhone 18 Pro Max pourrait lui aussi progresser, même si son nouveau tarif exact reste encore incertain.
Toutefois, il faut insister sur un point : ces prix ne sont pas officiels. Apple peut encore ajuster sa stratégie avant la présentation de septembre.
Samsung et Google ont déjà ouvert la voie
Apple n’est pas seule face à cette pression. Samsung a relevé de 100 dollars le prix du Galaxy S26 et du Galaxy S26+, en partie à cause de la hausse des coûts mémoire. Google vient d’adopter une stratégie très proche avec les Pixel 11.
Le Pixel 11 démarre désormais à 999 euros, contre 899 euros pour le Pixel 10. Le Pixel 11 Pro passe de 1099 à 1 199 euros. Les Pixel 11 Pro XL et Pro Fold progressent eux aussi de 100 euros. Le marché premium s’est donc déjà déplacé vers le haut.
Une hausse qui n’est pas toujours directement comparable
Néanmoins, il existe une nuance importante. Sur certains modèles Samsung et Google, l’augmentation du prix d’entrée s’accompagne aussi d’un doublement du stockage de base. Le Pixel 11 et le Pixel 11 Pro commencent désormais avec 256 Go, alors que leurs prédécesseurs disposaient encore d’une variante 128 Go.
Comparer uniquement le prix minimum donne donc parfois l’impression d’une hausse plus importante que la réalité à capacité identique. Toutefois, cela ne change pas la tendance générale : l’accès au flagship devient plus cher.
Les composants IA accentuent la pression
Le problème dépasse la seule mémoire vive. Les smartphones haut de gamme intègrent des puces de plus en plus complexes, davantage de RAM et des capacités de stockage toujours plus élevées. L’IA locale ajoute une pression supplémentaire. Les nouveaux modèles ont besoin de davantage de mémoire pour exécuter des fonctions génératives directement sur l’appareil.
Les fabricants doivent donc acheter des composants plus coûteux au moment même où les centres de données absorbent une part croissante de la production mémoire mondiale. L’offre devient plus tendue et les prix montent.
Le passage au 2 nm ne sera pas gratuit
Apple prépare également une évolution majeure avec le futur A20 Pro gravé en 2 nm par TSMC. Cette nouvelle génération doit améliorer les performances et surtout l’efficacité énergétique. Mais, les procédés les plus avancés sont aussi extrêmement coûteux à produire. Les premiers wafers 2 nm coûtent davantage que les générations précédentes, tandis que les techniques de packaging avancé deviennent elles aussi plus sophistiquées.
Apple peut négocier des volumes considérables avec TSMC, mais elle n’échappe pas à l’évolution structurelle des coûts du silicium.
Apple n’a pas intérêt à tout répercuter
Cependant, une hausse trop brutale présenterait un risque. Apple a construit une grande partie du succès de l’iPhone autour d’une progression tarifaire relativement contrôlée. Les modèles Pro sont déjà très chers. Passer brutalement de 1 099 à 1 299 dollars pour un iPhone 18 Pro, par exemple, serait beaucoup plus difficile à absorber psychologiquement qu’une hausse de 100 dollars.
C’est pourquoi Apple pourrait choisir d’en prendre une partie à sa charge. L’entreprise réduirait alors légèrement sa marge sur certains modèles afin d’éviter une augmentation trop visible.
Les marges restent sous surveillance
Apple a publié une marge brute de 50,1 % au troisième trimestre fiscal 2026. Ce chiffre a toutefois bénéficié d’un effet favorable lié à des remboursements de droits de douane. Dans le même temps, l’entreprise continue de surveiller l’évolution de ses coûts de composants. Une hausse tarifaire limitée permettrait de protéger une partie de la rentabilité sans transférer l’intégralité de l’augmentation aux consommateurs.
C’est un exercice d’équilibre classique pour Apple.
L’iPhone 18 Pro a aussi davantage d’arguments pour justifier une hausse
La future génération Pro ne devrait pas se contenter d’une mise à jour mineure. Les principales rumeurs évoquent notamment : une puce A20 Pro en 2 nm, une nouvelle génération de modem, des améliorations photo, et potentiellement une évolution importante du design. Plusieurs sources parlent également d’un système d’ouverture variable sur l’iPhone 18 Pro Max.
Apple pourrait donc tenter de présenter une hausse de prix comme la conséquence d’une évolution technologique plus profonde, et pas seulement de coûts industriels plus élevés.
Le stockage pourrait devenir l’autre levier
Apple dispose aussi d’une autre option : augmenter le prix tout en améliorant la configuration de base. C’est exactement ce qu’ont fait Samsung et Google sur certains modèles. Si l’iPhone 18 Pro passe à 1 199 dollars mais démarre avec davantage de stockage, la hausse sera plus facile à présenter. À l’inverse, conserver exactement la même capacité tout en ajoutant 100 dollars rendrait l’augmentation beaucoup plus visible.
Pour le moment, aucune information suffisamment solide ne permet de confirmer une évolution du stockage de base.
Le financement rend les hausses moins visibles
Apple dispose également d’un levier commercial important : les paiements mensuels. Entre les programmes de reprise, les financements opérateurs et les différentes formules de renouvellement, de nombreux utilisateurs ne raisonnent plus directement en prix total. Une augmentation de 100 dollars répartie sur 24 ou 36 mois paraît beaucoup moins brutale.
Apple pourrait aussi s’appuyer sur ses nouvelles formules de leasing et d’Upgrade pour absorber psychologiquement une partie de la hausse. C’est l’une des raisons pour lesquelles les constructeurs premium peuvent continuer à augmenter leurs tarifs sans provoquer immédiatement une chute équivalente des ventes.
Mais, le seuil des 1 200 dollars serait symbolique
Un iPhone 18 Pro à 1 199 dollars franchirait malgré tout un cap. Le modèle Pro standard se rapprocherait dangereusement de ce qui était encore récemment le territoire tarifaire des Pro Max. Le problème n’est pas seulement économique, il touche aussi à la perception de la gamme. Plus le Pro devient cher, plus les utilisateurs peuvent être tentés de conserver leur appareil une année supplémentaire ou de se rabattre sur un modèle standard. Apple doit donc éviter qu’une hausse destinée à protéger ses marges ne finisse par réduire le taux de renouvellement.
Samsung et Google ont néanmoins offert à Cupertino une forme de couverture. Si Apple augmente ses prix en septembre, elle ne sera pas la première grande marque à le faire cette année. Le marché aura déjà intégré l’idée qu’un flagship autour de 900 dollars et un modèle Pro autour de 1 100 dollars deviennent progressivement la nouvelle norme. Apple peut donc se permettre une hausse sans paraître totalement déconnectée de la concurrence.
La question sera surtout de savoir si elle choisit de rester légèrement au-dessus, comme souvent, ou si elle pousse davantage son avantage de marque.



