Honor vient de transformer ce qui ressemblait à un délire de salon en feuille de route produit : son Robot Phone — un smartphone doté d’un module caméra motorisé façon mini-robot — est annoncé comme destiné à une commercialisation, avec un premier lancement prévu en Chine avant une diffusion plus large.
Dans la démonstration au MWC, on n’est plus dans le rendu 3D : le dispositif se déploie, suit un sujet, et met en scène une interaction où le téléphone « répond » aussi par le mouvement.
Après l’IA « dans le logiciel », Honor pousse l’IA « dans le corps »
La thèse de Honor est simple : l’assistant ne doit pas seulement parler ou écrire, il doit agir dans l’espace. D’où ce vocabulaire « IA embarquée », « nouvelle espèce de smartphone » et « expressivité » que la marque rattache à son ALPHA PLAN (sa stratégie hardware IA).
Sur sa page dédiée, Honor présente explicitement le Robot Phone comme une pièce centrale de cette approche, mêlant IA multimodale et interaction incarnée.

Un gimbal « robotique » compact, pensé comme un outil de cinéma
Au cœur de l’appareil, Honor met en avant un ensemble caméra monté sur un gimbal 4-DoF (degrés de liberté), présenté comme ultra-compact, et piloté par des fonctions IA de tracking. La marque l’a montré en action à Barcelone : le module sort du dos, se positionne, puis se replie.
Ce que ça change, concrètement :
- Mouvements de caméra « physiques » (pan/tilt/rotation) plutôt que du simple recadrage numérique.
- Suivi de sujet plus naturel (le téléphone ajuste son point de vue au lieu de rogner l’image).
- Une promesse d’images plus « ciné » sans stabilisateur externe — l’objet devient lui-même un mini-rig.

200 mégapixels et narration vidéo : la fiche technique sert une intention créative
Honor associe ce gimbal à un capteur principal annoncé à 200 mégapixels sur les démonstrations et les articles présents au MWC, avec une logique claire : séduire les créateurs, vloggers et « mobile filmmakers » qui cherchent du mouvement fluide sans trépied ni gimbal DJI.
Évidemment, on est encore au stade où une grande partie de la « magie » dépendra de la fiabilité mécanique (dans la durée, poussière, chocs), et de la latence et de la précision de suivi, et de l’intégration logicielle (modes, transitions, export).
L’angle ARRI : Honor veut emprunter la crédibilité du cinéma pro
Honor a aussi officialisé une collaboration avec ARRI, référence mondiale des caméras cinéma, pour injecter de l’« image science » pro (rendu des couleurs, gestion des hautes lumières, cohérence) dans ses futurs appareils — avec un premier déploiement annoncé autour du Robot Phone.
C’est un choix très stratégique : dans un marché où « 200 mégapixels » ne suffit plus à créer de la désirabilité, ARRI apporte une promesse plus rare — une signature d’image.

Calendrier : d’abord la Chine, puis montée en puissance
Sur le timing, les signaux convergent : Honor vise un lancement en Chine plus tard en 2026, et plusieurs articles évoquent ensuite un déploiement progressif selon la capacité de production et les marchés.
Le Robot Phone est l’anti-smartphone « plaque de verre » par excellence. S’il tient ses promesses, il ouvre une voie : des appareils dont l’IA ne se contente pas d’être invisible, mais devient physique, lisible, presque émotionnelle. S’il échoue, il restera un concept spectaculaire — mais il aura au moins rappelé une chose essentielle en 2026 : l’innovation mobile ne se résume plus aux puces et aux mégapixels, elle se joue aussi dans la mise en scène du réel.



