Hier soir, à Madrid, Huawei orchestre un lancement global à haute intensité. La marque a déjà officialisé la Watch GT Runner 2, mais le vrai signal stratégique se lit ailleurs : le Mate 80 Pro arrive sur la scène internationale — une première pour un « Mate » vendu hors de Chine depuis la génération Mate 50 en 2022.
Le choix de ne sortir que le Mate 80 Pro en global n’est pas anodin. Les déclinaisons Mate 80, Pro Max et RS Ultimate restent cantonnées au marché chinois, ce qui permet à Huawei de concentrer sa narration (et ses volumes) sur un seul modèle vitrine.
Le décor, lui, est clair : après avoir reconquis une dynamique domestique en Chine, Huawei cherche à réamorcer une présence internationale sur le segment premium, sans forcément reproduire un lancement « full line-up » à l’occidentale.
Huawei Mate 80 Pro : écran très lumineux, photo ambitieuse, batterie XXL
Sur le papier, le Mate 80 Pro joue la carte de la générosité maîtrisée. Avec ses 161,85 × 76 × 7,95 mm pour 219 grammes, le smartphone affiche un gabarit premium mais reste contenu au regard de sa fiche technique ambitieuse. La prise en main inspire la solidité, avec un format élancé qui mise clairement sur l’expérience visuelle.
En façade, on retrouve une dalle LTPO OLED de 6,75 pouces affichant une définition de 2 832 × 1 280 pixels. La technologie LTPO permet une fréquence de rafraîchissement adaptative de 1 à 120 Hz, garantissant à la fois fluidité et optimisation énergétique.

Huawei promet également une expérience visuelle haut de gamme avec une gradation PWM 1440 Hz pour limiter la fatigue oculaire, jusqu’à 1,07 milliard de couleurs et une luminosité maximale annoncée à 3 000 nits, de quoi assurer une excellente lisibilité en plein soleil. Sur le papier, l’écran coche toutes les cases d’un flagship 2026.
Huawei met également l’accent sur la durabilité avec une double certification :
- IP68 (immersion)
- IP69 (résistance aux jets haute pression selon conditions annoncées)
Logiciel : une divergence géopolitique assumée
Le modèle international fonctionne sous EMUI 15.0, tandis que la version destinée au marché chinois embarque HarmonyOS 6.0. Ce choix illustre parfaitement la stratégie actuelle de Huawei :
- À l’international, continuité avec EMUI
- En Chine, écosystème propriétaire pleinement intégré via HarmonyOS
Deux approches logicielles distinctes pour un même matériel, reflet des contraintes et orientations stratégiques du constructeur.
Mémoire : une configuration unique et musclée
La version globale est annoncée en 16 Go de RAM accompagnés de 512 Go de stockage interne. Aucune extension microSD n’est prévue, ce qui confirme la volonté de Huawei de miser sur une capacité native élevée plutôt que sur la modularité.
Côté connectivité, le smartphone intègre : Wi-Fi 7, Bluetooth 6,0, USB-C (USB 3.1 Gen 1), NFC et GPS multi-systèmes incluant NavIC.
Photo : la « signature Huawei » toujours au centre
La photographie reste l’ADN de Huawei, et cette génération ne déroge pas à la règle :
- Capteur principal de 50 mégapixels avec ouverture variable f/1.4 à f/4.0 et stabilisation optique (OIS)
- Ultra-grand-angle de 40 mégapixels
- Téléobjectif macro de 48 mégapixels avec zoom optique 4× et jusqu’à 100× en numérique
- Caméra frontale de 13 mégapixels avec autofocus
La vidéo est assurée en 4K à l’avant comme à l’arrière, confirmant l’ambition polyvalente du module photo.
L’ouverture variable sur le capteur principal reste un élément différenciant sur le marché, permettant d’adapter la profondeur de champ et la gestion de la lumière selon la scène.
Batterie & charge : du très lourd

Le smartphone embarque une batterie de 5 750 mAh (5 620 mAh nominale), un chiffre particulièrement généreux pour un appareil de ce format. Côté recharge, on a du 100 W en filaire et du 80 W en sans fil. Des vitesses qui positionnent clairement l’appareil parmi les références du segment premium.
En somme, un ensemble complet et tourné vers l’avenir.
Un « flagship global » qui ressemble à un test grandeur nature
Le message est double. D’un côté, Huawei met en avant un smartphone premium très complet — écran LTPO très lumineux, photo à ouverture variable, charge rapide, certifications IP ambitieuses. De l’autre, le choix d’un seul modèle Pro à l’international ressemble à une stratégie de contrôle du risque : moins de références, une communication plus simple, et un positionnement « halo » pour redonner du relief à la marque sur des marchés où la concurrence (et les écosystèmes applicatifs) se jouent au millimètre.
Le point le plus révélateur reste la différence EMUI vs HarmonyOS : Huawei continue d’opérer une gamme « à géométrie logicielle variable », preuve qu’en 2026, la bataille se déroule autant sur le matériel que sur la capacité à proposer une expérience cohérente selon les régions.

Une journée produit, une stratégie écosystème
Le Mate 80 Pro n’est pas lancé seul : Huawei a profité de l’événement madrilène pour exposer une panoplie plus large (wearables, audio, tablette), avec la Watch GT Runner 2 en tête d’affiche côté sport — une façon d’ancrer la marque dans un récit « performance & lifestyle » plus global que le smartphone seul.
Huawei n’a pas encore communiqué le prix du Mate 80 Pro au moment de l’annonce. Le modèle global est annoncé en Noir, Vert et Or, avec une disponibilité « à partir d’aujourd’hui » selon les marchés.



