Entre la lampe de bureau trop dure et le fond de cuisine impossible à « faire propre », la photo produit a longtemps été un sport de bricolage. Google Labs veut changer la donne avec Photoshoot, une nouvelle brique de son outil marketing expérimental Pomelli, pensé comme un studio virtuel accessible… directement depuis un navigateur.
Photoshoot : Une nouveauté taillée pour les photos « prises à l’arrache »
Le principe est volontairement simple : vous uploadez une photo de votre produit, même capturée au smartphone, et Photoshoot la convertit en image plus « campagne », avec un rendu studio ou lifestyle. L’objectif n’est pas seulement de détourer : l’outil cherche à reconstruire une scène crédible en jouant sur l’éclairage, les ombres et le décor.
Sur le papier, c’est exactement le genre de promesse qui parle aux e-commerçants : pouvoir générer rapidement des visuels cohérents pour une fiche produit, une pub Meta, une bannière ou une vitrine marketplace, sans passer par un shooting complet.
Lumière, décor, cohérence de marque
Google décrit Photoshoot comme un mélange de contexte business et de génération d’image. Concrètement, Pomelli s’appuie sur ce qu’elle appelle une « Business DNA » : l’outil analyse votre site pour capter une identité visuelle (tons, couleurs, style) et produire des images qui restent alignées avec votre univers.
Today, we’re introducing Pomelli’s latest feature update, ‘Photoshoot’
With Photoshoot, you can start from a single image of your product and easily create high quality, customized product shots to elevate your marketing.
Available free of charge in the US, Canada, Australia… pic.twitter.com/ryW1djxyKm
— Google Labs (@GoogleLabs) February 19, 2026
Côté « moteur », Google indique que Photoshoot utilise Nano Banana (un modèle de génération d’image) pour transformer la prise de vue initiale en rendu studio/lifestyle.
L’ambition est claire : mimer les codes du studio (direction de lumière, intensité, ombres plus naturelles) et injecter des décors « prêts à vendre » — du fond minimaliste aux scènes plus chaleureuses.
Google vise le nerf de la guerre des petites marques
Le mouvement est stratégique. Depuis deux ans, la génération d’images est devenue une commodité — mais la vraie valeur, pour une petite entreprise, c’est la cohérence, la production en volume et la déclinaison multi-formats sans équipe créa. Pomelli s’inscrit précisément dans cette promesse : donner à une PME l’équivalent d’un mini département marketing, avec des assets « sur la marque » et éditables.
Reste le point sensible : la confiance. En photo produit, chaque « amélioration » IA flirte avec une ligne rouge — celle de la représentation fidèle (matières, couleurs, détails). Google positionne Photoshoot comme un outil d’élévation visuelle, mais son adoption dépendra de sa capacité à embellir sans trahir.
Pour l’instant, Pomelli (et donc Photoshoot) est proposé en bêta publique dans quatre pays anglophones : États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande. Autrement dit : l’Europe observe encore depuis la vitrine — mais si les retours sont bons, difficile d’imaginer Google laisser ce type d’outil cantonné longtemps à quelques marchés.



