Telegram vient de pousser une mise à jour qui ressemble moins à une simple refonte qu’à un changement d’époque pour l’app sur Android. Interface reconstruite, nouvelle barre de navigation, réglages de performance plus fins… et, en parallèle, une nouveauté qui dit beaucoup de la trajectoire produit de Telegram : un système de « crafting » de cadeaux avec raretés, effets et marché intégré.
Android : une refonte totale pensée pour la vitesse (et l’usage à une main)
Telegram parle de « plus grande mise à jour d’interface de son histoire sur Android ». Le changement le plus visible, c’est l’arrivée d’une barre inférieure qui donne un accès direct aux sections clés (conversations, paramètres, profil, etc.), là où l’app reposait historiquement sur un tiroir latéral.
Résultat : navigation plus rapide, et surtout plus naturelle à une main — un détail qui compte quand l’app est utilisée des dizaines de fois par jour.
Telegram affirme aussi avoir réécrit le code d’interface pour gagner en réactivité. Et pour ceux qui veulent privilégier l’autonomie (ou qui ont un téléphone moins véloce), l’application permet désormais d’ajuster voire réduire certains effets visuels via Settings > Power Saving.
Côté iPhone, Telegram continue de pousser son esthétique « verre » (effets et transparences), avec un visualiseur de médias revu, de nouveaux panneaux d’aperçu pour packs d’emojis/stickers, et des menus contextuels ajustés. Sur iPad, un raccourci ⌘ + Entrée permet désormais d’envoyer un message — petit détail, gros confort. (fonearena.com)
Groupes : Telegram corrige un vrai point de fragilité… la succession
Telegram règle un cas qui finit toujours par arriver : le propriétaire d’un groupe qui quitte le navire.
Désormais, si le propriétaire part, la propriété bascule automatiquement vers un admin après une semaine, et au moment de quitter, une fenêtre de confirmation permet de choisir immédiatement un nouveau propriétaire. De plus, il est possible de transférer la propriété d’un groupe ou d’un canal à tout moment sans quitter la discussion.

C’est une mise à jour « invisible », mais essentielle : elle évite qu’une communauté se retrouve sans gouvernail, ou qu’un groupe important devienne un terrain vague faute de propriétaire.
Cadeaux : Telegram pousse le « collectible » vers une logique de jeu… et de marché
La nouveauté la plus révélatrice côté business, c’est le crafting de cadeaux : vous pouvez combiner jusqu’à 4 cadeaux pour obtenir un objet Uncommon / Rare / Epic / Legendary, avec artwork et effets uniques. Utiliser des cadeaux aux attributs similaires augmente les chances de retrouver ces attributs dans l’objet final.
Et surtout : ces cadeaux peuvent être achetés et revendus sur la Gift Marketplace de Telegram, qui existait déjà comme base de transaction « collectible » — le crafting vient ajouter une couche de rareté et de transformation, typique des économies de collection.
Bots : des boutons enfin « designables »
Pour les développeurs, Telegram ajoute la possibilité d’assigner couleurs et emojis aux boutons des bots, afin de rendre les interfaces plus lisibles et de mettre en avant certaines actions. C’est un détail, mais c’est exactement le type d’amélioration qui fait passer un bot de « fonctionnel » à « agréable ». Disponibilité : quelle version, où la récupérer
Telegram indique que les nouveautés sont disponibles via une mise à jour à partir de la version 12.4.1. Sur Android : via Google Play ou via l’APK officiel.
Telegram « recentre » l’app… et consolide son modèle
Cette mise à jour raconte deux choses :
- Telegram veut gagner du temps d’usage en rendant l’app plus fluide et plus accessible. La barre du bas n’est pas qu’un choix esthétique : c’est un raccourci cognitif, une façon d’être plus rapide que les autres messageries sur les gestes du quotidien.
- Telegram veut monétiser sans briser l’expérience. Les gifts et leur marketplace créent une économie interne qui ne dépend ni de la pub ni d’un paywall brutal. Le crafting, lui, ajoute la mécanique qui manque souvent aux marketplaces : la « progression », donc l’envie de revenir.
Et c’est probablement là le point clé : Telegram ne cherche plus seulement à être une messagerie. Il cherche à être une plateforme.


