Quelques mois avant l’arrivée des premiers PC grand public, le Snapdragon X2 Elite commence à livrer ses premiers « indices » concrets — et ils sont plus intéressants qu’un simple score Geekbench.
Dans une vidéo publiée par Hardware Canucks, Asus a laissé l’équipe tester un Zenbook pré-production équipé du nouveau SoC ARM de Qualcomm, avec un protocole orienté CPU et tâches de productivité. Résultat : Qualcomm gagne en multi-cœur, Apple reste intouchable en monocoeur (avec son Apple M5), et Windows on Arm se retrouve face à sa question la plus embarrassante : à quoi bon la puissance si l’expérience n’est pas au niveau ?
Une précision essentielle : ce ne sont pas des chiffres « finaux »
Hardware Canucks le rappelle : la machine tourne avec firmware/pilotes précoces et un silicium encore non final. Ces résultats sont donc un aperçu, pas une sentence.
Autre détail qui compte : le Snapdragon X2 Elite a été mesuré à 31W, contre 26W pour le Apple M5 dans ces comparaisons — un écart modeste (+5W), mais suffisant pour changer la lecture si on parle d’efficience.
C’est le tableau le plus clair, et le plus révélateur :
- Monocoeur (Cinebench 2024) : Apple M5 = 200 points vs Snapdragon X2 Elite = 146 points
- Apple garde une avance massive sur les charges « réactives » (UI, scripts, apps légères, bursts).
- Multi-core (Cinebench 2024) : Snapdragon X2 Elite = 1 432 points vs Apple M5 = 1 153 points
- Ici, Qualcomm passe devant — et envoie surtout un message : en CPU lourd, l’ARM Windows peut viser le haut du panier.
Si vous cherchez le « sens » derrière les scores : Apple reste le roi de la vélocité par cœur, Qualcomm veut devenir le champion du débit sur tâches parallélisées.
Blender & HandBrake : la surprise « créa »
Là où ces tests deviennent excitants, c’est quand on quitte la pure synthèse CPU pour des tâches que beaucoup utilisent réellement : rendu et transcodage. Tom’s Guide rapporte notamment un transcodage HandBrake bouclé par le Snapdragon X2 Elite en 3:29 contre 5:14 pour le M5 dans le même protocole — un écart suffisamment net pour compter dans la vraie vie (export, encodage, workflows).
C’est aussi là qu’on comprend l’objectif de Qualcomm : ne plus être « le choix batterie », mais le choix performance-par-watt — tout en restant capable d’enchaîner des charges longues.
La vidéo ne fournit pas de mesures d’autonomie exploitables, et c’est normal : sur des machines de pré-prod, une mise à jour Windows ou un pilote peut complètement changer la courbe.
Qualcomm met en avant des gains d’efficience (souvent cités autour de -43 % de consommation à perf équivalente vs génération précédente), mais tant qu’on n’a pas des machines commercialisées, avec BIOS mature, pilotes stables et profils d’énergie finalisés, c’est un chiffre marketing — intéressant, mais pas encore une conclusion.
Qualcomm a (presque) réglé le hardware… et renvoie la pression sur Microsoft
Ces benchmarks racontent une histoire simple :
- La marche CPU est réelle : en multi-cœur, Qualcomm n’est plus en train de « participer », il est en train de se battre pour gagner.
- Le monocœur reste un talon d’Achille face à Apple, et c’est précisément ce qui influence le « feeling » d’un ordinateur au quotidien.
- Le vrai match est logiciel : compatibilités, performances constantes, gestion d’énergie, et absence de « bizarreries PC » propres à certaines implémentations Windows on Arm.
Si Qualcomm tient ses promesses sur l’autonomie avec ce niveau de performance multi-thread, le Snapdragon X2 Elite pourrait devenir le moment où les PC ARM passent du statut de curiosité à celui d’alternative crédible — pas seulement face à Intel/AMD, mais face à l’argument le plus dur du marché : « sur Mac, ça marche mieux. »



