Qualcomm semble déjà dessiner la prochaine saison du très haut de gamme Android — et, cette fois, la stratégie serait plus proche de l’automobile que de la simple fiche technique : une version « standard » pour les flagships premium, et une version « Pro » réservée aux modèles Ultra, plus chère, plus complète, plus exclusive. En toile de fond, un mot revient partout : 2 nm.
Deux puces, deux segments : SM8950 et SM8975 dans les tuyaux
Selon Digital Chat Station, Qualcomm travaillerait sur deux variantes identifiées par les part numbers SM8950 et SM8975, souvent présentées comme de futurs Snapdragon 8 Elite Gen 6 et Snapdragon 8 Elite Gen 6 Pro. Les deux SoC seraient gravés chez TSMC via un nœud N2P (2 nm), ce qui suggère un saut d’efficacité et de densité — et donc un potentiel gain de performances à consommation équivalente (ou l’inverse).
La fuite insiste sur un point : la version Pro serait la plus « déverrouillée » (GPU pleinement activé, cache plus complet), et surtout la seule à supporter la LPDDR6 — une différence qui pourrait compter autant que les cœurs CPU.
LPDDR6 : la petite ligne qui peut changer l’expérience
Pourquoi la LPDDR6 est-elle un sujet ? Parce que la RAM n’est plus seulement une question de quantité : bande passante, latence, efficacité énergétique… tout cela influence la photo computationnelle, l’IA embarquée, le rendu gaming, et la stabilité en charge prolongée.
D’après les reprises de la fuite, le Snapdragon 8 Elite Gen 6 Pro viserait donc une plateforme plus « future-proof », mais aussi nettement plus coûteuse — un point martelé par plusieurs médias qui évoquent une variante « extrêmement chère », mécaniquement répercutée sur le prix des smartphones Ultra.
L’ombre du « pricing » : pourquoi 2 nm + LPDDR6 risquent de faire mal
Le 2 nm (N2P) est la promesse d’un bond technologique, mais il vient rarement avec une bonne nouvelle côté marges. Entre la gravure avancée et un package plus ambitieux (GPU/cache/RAM), Qualcomm pourrait pousser les marques à segmenter plus agressivement :
- Flagships « classiques » : puce standard, prix déjà élevé mais « tenable »
- Ultra/Pro Max/éditions spéciales : puce Pro, marges plus serrées, prix qui flirte avec le luxe
Cette logique colle d’ailleurs à la lecture de Digital Chat Station : une puce Pro réservée aux Ultra (Xiaomi/Oppo/Vivo et consorts dans les rumeurs), pendant que les modèles moins extrêmes garderaient un SoC plus accessible.
Le vrai twist : certains constructeurs envisageraient… de rester sur la génération précédente
Autre élément intéressant de la fuite : des prototypes testeraient la puce « standard » comme option de milieu/haut de gamme, tandis que certains appareils pourraient finalement basculer vers une solution N-1 (génération précédente), selon le positionnement tarifaire. En clair : le coût du 2 nm pourrait créer un effet de « frein », et rendre la génération précédente plus attractive pour des flagships « raisonnables ».
Qualcomm s’aligne sur une tendance de fond — le haut de gamme se fragmente
Ce duo « standard/Pro » n’est pas juste une manœuvre technique : c’est une réponse au marché 2026, où le mot « flagship » ne veut plus dire grand-chose tant les gammes se dédoublent.
Et, Qualcomm n’est pas seul sur le ring. Des rumeurs persistent autour d’un MediaTek Dimensity 9600 en 2 nm, présenté comme très compétitif — certains allant jusqu’à l’imaginer capable de dépasser la variante « standard » de Qualcomm (à confirmer, évidemment).
La bataille pourrait donc se jouer sur un axe simple :
- Qualcomm : le nec plus ultra pour les Ultra, au prix fort
- MediaTek : un rapport perf/prix qui séduit davantage de marques… et donc plus de volumes
En 2026, le « meilleur SoC » ne gagnera pas seulement à coups de benchmarks : il gagnera si les constructeurs peuvent le payer sans exploser leur grille tarifaire.



