OpenAI vient d’officialiser ce que beaucoup pressentaient depuis des mois : ChatGPT va intégrer de la publicité. Le test démarre « dans les prochaines semaines » aux États-Unis, uniquement pour les utilisateurs connectés, adultes, sur les offres Free et Go — la nouvelle formule à 8 euros/mois désormais déployée mondialement.
Ce n’est pas un simple ajustement de revenus. C’est un changement de nature : ChatGPT cesse d’être uniquement un produit « outil + abonnement » pour devenir aussi une surface de monétisation, à la manière d’un moteur de recherche… mais conversationnel.
ChatGPT : Des pubs « au bas des réponses », clairement séparées
OpenAI insiste sur une intégration « propre » : les publications apparaîtront dans une zone distincte, au bas de la réponse, sous forme de produits/services sponsorisés jugés pertinents par rapport à la conversation en cours, elles seront clairement étiquetées et séparées de la réponse « organique », et les annonceurs n’influenceront pas le contenu des réponses, qui restera « optimisé pour être utile ».
OpenAI ajoute des contrôles côté utilisateur : possibilité de désactiver la personnalisation, effacer les données utilisées pour les pubs, masquer une annonce et donner du feedback.

Garde-fous : pas de publicités pour les mineurs, ni près des sujets sensibles
La société cherche à éviter la zone rouge dès le départ :
- pas de pubs pour les moins de 18 ans (ou si OpenAI estime que l’utilisateur est mineur) ;
- pas de pubs à proximité de sujets sensibles/régulés (notamment santé, santé mentale, politique).
- promesse centrale : OpenAI affirme qu’elle ne vendra pas vos données aux annonceurs et qu’elle veut garder les conversations « privées » vis-à-vis de la pub.
Pourquoi maintenant : Go à 8 € et la pression des coûts
Le même jour, OpenAI déploie ChatGPT Go « partout où ChatGPT est disponible », à 8 euros/mois en France, en le positionnant entre le gratuit et Plus à 23 euros. Go promet 10× plus de messages/fichiers/images que le gratuit (sans chiffres précis), plus de mémoire et de contexte.
Reuters résume bien l’équation : ChatGPT est devenu une infrastructure massive, et OpenAI cherche de nouveaux relais de revenus pour soutenir l’expansion et la capacité, au-delà des abonnements.
L’angle stratégique : ChatGPT devient un « search intent » monétisable
Ce mouvement n’a rien d’anodin. La pub « contextuelle » au bas d’une réponse ressemble moins à une bannière qu’à un format d’intention, très proche de ce qui fait la puissance économique de la recherche : je veux acheter/réserver/choisir, et le produit se place dans le flux.
OpenAI le sait : l’entreprise a déjà laissé entendre qu’elle n’excluait pas la publicité, Nick Turley (head of ChatGPT) parlant d’une approche « réfléchi et de bon goût ». OpenAI promet une séparation stricte : les pubs n’influencent pas les réponses. Techniquement, c’est une ligne de défense. Psychologiquement, c’est un champ de mines.
Parce qu’une IA conversationnelle n’est pas un fil social : on lui confie des décisions, des doutes, des achats, parfois même des situations personnelles. La moindre impression que « le sponsor pousse le résultat » peut casser la magie utilitaire — même si l’annonce est reléguée en bas de page.
C’est pourquoi OpenAI semble calquer ses garde-fous sur une logique de « sécurité de contexte ».



