À force de miniaturiser les batteries et de plier les panneaux, l’industrie a fini par buter sur une limite simple : le soleil, lui, ne se déplace pas là où vous êtes… c’est vous qui vous adaptez.
Avec le Solar Mars Bot, Jackery renverse le principe : une station solaire sur roues qui cherche la lumière, se repositionne, et vient livrer de l’énergie « à la demande » dans un jardin, un chantier léger ou un campement.
Une idée de robot « tournesol » qui revient en version plus crédible
Le Solar Mars Bot n’est pas né en 2026 : Jackery l’avait déjà montré il y a 2 ans comme une vision de « panneau solaire mobile » capable de suivre le soleil. Ce qui change au CES 2026, c’est l’insistance sur l’usage : Jackery le présente comme une brique de son « Solar Home Ecosystem », donc moins comme un gadget de salon que comme un nouvel objet de l’énergie domestique — un complément mobile aux solutions de secours et aux stations de puissance.
Jackery met en avant une navigation autonome assistée par vision (« AI-enhanced computer vision »), avec un comportement quasi « compagnon » : le robot peut suivre son utilisateur et se repositionner pour maximiser l’ensoleillement.
Côté solaire, deux chiffres cohabitent — et ils racontent la philosophie du produit :
- Sur la page CES 2026 de Jackery, le Solar Mars Bot est décrit avec des panneaux auto-rétractables de 300 W pour faciliter le rangement et la mobilité.
- Sur la page dédiée au produit, Jackery indique qu’une fois déployé, l’ensemble peut étendre six panneaux et monter jusqu’à 600 W de génération.
En clair : compact quand il faut se déplacer, plus généreux quand il « plante ses ailes » pour charger.
Sur la partie stockage, certaines couvertures du CES 2026 évoquent une capacité autour de 5 000 Wh, tandis que d’autres parlent d’un système modulaire LiFePO4 de 2 kWh par module (ce qui laisse entendre plusieurs variantes possibles selon marchés/configurations).


À quoi ça sert, vraiment ? Trois scénarios crédibles
1) Jardin/maison : l’appoint mobile
Pour alimenter ponctuellement un équipement extérieur (outil, éclairage, réseau, entertainment) sans tirer de rallonge, le robot devient une « prise » qui vient à vous. C’est d’ailleurs l’angle que Jackery pousse : énergie pendant les coupures prolongées, extension d’un backup domestique, alimentation là où il n’y a pas de prise.
2) Outdoor : la station solaire qui s’auto-optimise
En camping, sur un événement ou en vanlife, la promesse est séduisante : au lieu de déplacer le panneau, c’est la station qui cherche la meilleure exposition. Frandroid résume l’idée sans détour : « au lieu de déplacer vos panneaux manuellement… le robot le fait tout seul ».
3) Pro/inspection/urgence : le robot-batterie
D’autres usages plus « terrain » (inspection, loisirs outdoor, voire secours) : jusqu’à 1,8 m/s, évitement d’obstacles, garde au sol d’environ 5 cm, et inclinaison de suivi solaire jusqu’à 60°.
Un produit qui force une nouvelle question — la mobilité vaut-elle le coût ?
Le Solar Mars Bot est fascinant parce qu’il déplace le débat. D’ordinaire, on juge une solution solaire sur deux axes : rendement et capacité. Ici, Jackery ajoute un troisième paramètre : l’autonomie de placement.
C’est potentiellement utile (optimiser l’ensoleillement, rapprocher la sortie d’énergie, éviter de porter), mais ça introduit aussi des coûts et des compromis : mécanique, sécurité, entretien, gestion des obstacles, usage réel vs démo. Même la presse pro-solaire pose la bonne question : à quel moment le gain « suivi du soleil » justifie l’écart face à un panneau statique bien orienté ?
Et puis il y a l’angle que Jackery n’a pas encore complètement verrouillé publiquement : prix, disponibilité, niveaux de configuration. À ce stade, c’est encore un objet de CES, au sens noble : une direction, plus qu’un produit de masse.
Mais une direction cohérente avec notre époque : celle où l’énergie devient un service mobile — et où la tech, au lieu d’être « branchée », commence à se brancher elle-même.


