Au CES 2026, Intel a dégainé un lancement à double détente : une nouvelle génération de puces mobiles pour PC, et un message industriel très politique. Avec le Core Ultra Series 3 (Panther Lake), le fondeur présente sa première plateforme « AI PC » gravée en Intel 18A, conçue et fabriquée aux États-Unis, et déjà annoncée comme la plus largement disponible de son histoire.
Un lancement « plateforme » plus qu’une simple puce
Ce que vend Intel ici, ce n’est pas seulement un CPU : c’est un socle. La marque parle de plus de 200 designs à venir chez les partenaires, signe d’une stratégie d’occupation du terrain — du premium à des PC plus accessibles.
Le contexte, lui, est limpide : Intel tente de reprendre l’initiative face à AMD et à l’offensive « AI PC » déjà très lisible côté Qualcomm, tout en rassurant sur sa capacité à produire en interne après une période où la sous-traitance chez TSMC s’était imposée sur plusieurs segments.
Core Ultra X9/X7 : plus de cœurs, plus d’iGPU Arc, et un NPU qui compte
La Series 3 inaugure une nouvelle « classe » de processeurs Core Ultra X9 et X7, conçue pour ceux qui veulent tout faire sans basculer vers une machine plus épaisse ou un GPU dédié.
Les points saillants annoncés par Intel sur les SKU haut de gamme :
- Jusqu’à 16 cœurs CPU
- Jusqu’à 12 cœurs Xe (Xe3) côté iGPU Arc
- Jusqu’à 50 TOPS NPU pour l’accélération IA
- Des gains revendiqués de +60 % en multithread et +77 % en performances gaming, plus une autonomie annoncée autour de 27 heures (dans un scénario précis)

Important : Intel documente ces chiffres avec des conditions de test (comparaison notamment face à Lunar Lake sur plateforme de référence, et autonomie mesurée sur un design Lenovo en streaming). Autrement dit : c’est une indication de cap — pas une promesse universelle, machine pour machine.
Dans la même famille, Intel ajoute aussi des Intel Core « mainstream » construits sur la même architecture Series 3, pour pousser des laptops plus abordables sans renoncer aux fondamentaux (efficacité, iGPU, IA locale).
L’autre surprise : Panther Lake sort du PC et vise l’edge industriel

C’est le passage le plus stratégique de l’annonce : pour la première fois, Intel explique que des déclinaisons Series 3 sont testées et certifiées pour l’embarqué/industriel, avec contraintes de température, performance déterministe et fonctionnement 24/7.
Intel avance aussi des gains en workloads edge IA (en estimations), notamment jusqu’à 1,9× en performance LLM, jusqu’à 2,3× en performance/watt/dollar sur l’analytics vidéo, et jusqu’à 4,5× en débit sur des modèles « vision-language-action », avec des comparaisons détaillées (par exemple face à des plateformes type Jetson Orin AGX selon les notes).
L’idée sous-jacente : un SoC unique (CPU + iGPU + NPU) pour simplifier le coût total, là où beaucoup de déploiements edge reposent sur des architectures multi-puces CPU + GPU.

Intel joue sa crédibilité sur 18A… et sur l’avantage « x86 qui marche »
Le discours est presque plus intéressant que la fiche technique. Jim Johnson, SVP & GM du Client Computing Group, résume la ligne : efficacité, CPU, « gros » iGPU, IA, et surtout compatibilité x86.
En filigrane, Intel tente de transformer l’« AI PC » en une évidence : si l’IA s’exécute localement, elle doit être rapide, frugale… et ne pas casser les workflows. C’est aussi pour cela que l’iGPU prend autant d’importance : il devient le partenaire naturel du NPU, surtout quand les usages créatifs, la 3D légère et une partie des modèles IA s’accélèrent côté graphique.

Et puis il y a le symbole : Intel 18A n’est pas qu’un node, c’est un marqueur de reconquête industrielle — un argument autant pour les partenaires que pour les investisseurs.
Disponibilité : précommandes début janvier, arrivée fin janvier pour les PC
Intel annonce des précommandes dès le 6 janvier 2026, avec une disponibilité mondiale des premiers laptops à partir du 27 janvier 2026. Les systèmes edge suivront en Q2 2026.
La suite va se jouer sur un détail très concret : la capacité des constructeurs à proposer des machines équilibrées (prix, autonomie, dissipation) où l’IA n’est pas un sticker, mais un accélérateur invisible du quotidien.



