Vingt-cinq ans après la folie Tamagotchi, le concept du compagnon numérique revient sous une forme radicalement modernisée. Au CES 2026, la startup Takway a dévoilé Sweekar, un animal virtuel dopé à l’intelligence artificielle, pensé pour évoluer, apprendre et créer un véritable lien émotionnel avec son utilisateur.
Présenté lors du CES 2026, Sweekar s’inscrit clairement dans la lignée des animaux numériques cultes de la fin des années 1990, à commencer par le Tamagotchi. Mais là où ses ancêtres se contentaient de mécaniques simples, Takway veut franchir un cap : transformer le gadget nostalgique en compagnon numérique intelligent.
La startup décrit Sweekar comme un « next-generation virtual pet », capable d’évoluer sur le long terme et d’adapter son comportement à son propriétaire.
Un design ludique et personnalisable
Sweekar adopte une forme d’œuf, surmontée de petites oreilles, avec un écran intégré affichant les expressions du visage. Le produit est décliné en trois couleurs — rose, jaune et bleu — et se veut hautement personnalisable grâce à des coques interchangeables, et des tenues et accessoires modifiables.

Un clin d’œil assumé à la culture du jouet, mais aussi un moyen de renforcer l’attachement émotionnel à l’objet.
De l’œuf à l’adulte : une vie numérique en quatre étapes
Comme tout animal virtuel digne de ce nom, Sweekar commence sa vie sous forme d’œuf. L’utilisateur doit patienter deux jours d’incubation avant l’éclosion, une mécanique volontairement lente qui tranche avec l’instantanéité de nos usages numériques actuels.
Le cycle de vie se décompose ensuite en quatre phases :
- Œuf
- Bébé
- Adolescent
- Adulte
À mesure qu’il grandit, Sweekar gagne en autonomie. Une fois adulte, il n’exige plus une attention constante, rompant avec la logique punitive des Tamagotchi d’antan. Et à partir du niveau 51, le pet devient même virtuellement immortel : il ne « meurt » plus en cas de négligence, même si l’appareil, lui, nécessite toujours d’être rechargé.
Une personnalité façonnée par l’IA
C’est ici que Takway revendique sa vraie rupture technologique. Sweekar embarque un système de mémoire IA, capable de reconnaître la voix de son utilisateur, se souvenir d’interactions passées, et adapter sa personnalité au fil du temps.
Le compagnon peut afficher différents états émotionnels — joyeux, grognon, somnolent ou espiègle — et partir en aventures virtuelles, dont il revient avec des histoires générées automatiquement.

Pour y parvenir, Takway s’appuie sur une combinaison de Google Gemini et ChatGPT, un duo qui souligne la volonté d’offrir des interactions plus naturelles que de simples scripts prédéfinis.
Vie privée : promesses et zones d’ombre
Takway affirme que les interactions vocales et comportementales restent privées. Toutefois, comme souvent avec les jeunes projets présentés au CES, ces déclarations n’ont pas encore fait l’objet de vérifications indépendantes.
À l’heure où les compagnons numériques deviennent plus intimes et plus présents, la question de la gestion des données personnelles pourrait rapidement devenir centrale pour l’adoption du produit.
Lancement et prix : un pari communautaire
Selon Engadget, Sweekar devrait être lancé via une campagne Kickstarter en mars, avec un prix estimé entre 100 et 150 dollars. Aucune date de commercialisation définitive n’a encore été communiquée.
Ce choix du financement participatif laisse entendre que Takway souhaite tester l’appétence du public avant de passer à une production à grande échelle.
Avec Sweekar, Takway capte un double mouvement culturel : la nostalgie des objets numériques simples et la montée en puissance des compagnons IA émotionnels. Moins utilitaire qu’un assistant vocal, moins abstrait qu’un chatbot sur smartphone, Sweekar se positionne comme un objet hybride, à la frontière du jouet, de l’animal virtuel et du compagnon numérique.
Reste à savoir si le public acceptera de recréer un lien affectif avec un objet dédié, à l’heure où les IA conversationnelles sont déjà omniprésentes sur nos téléphones. Mais une chose est sûre : au CES 2026, Sweekar rappelle que l’IA ne sert pas seulement à optimiser, mais aussi à attacher, raconter et accompagner.


