Et si la prochaine grande révolution de l’IA ne concernait ni la productivité ni l’automatisation, mais l’attachement émotionnel ? Au CES 2026, une jeune startup japonaise a discrètement capté l’attention en proposant une vision radicalement différente de la robotique domestique : des robots qui n’aident pas, ne rangent pas, ne nettoient pas… mais tiennent compagnie.
Dans l’imaginaire collectif, l’archétype du compagnon robot reste BB-8. Conçu comme un mélange de droïde et de chiot curieux, le personnage de Star Wars a montré à quel point un robot pouvait susciter de l’attachement sans parler, sans visage humain, simplement par ses sons, ses mouvements et son « comportement ».
Ce principe — l’émotion avant la fonction — est précisément celui qu’embrasse Ludens AI, dont les deux créations présentées au CES 2026 pourraient bien préfigurer une nouvelle catégorie technologique : celle des animaux de compagnie artificiels émotionnels.
Cocomo : un robot-pet chaleureux, mobile et évolutif
Un compagnon qui vit avec vous, pas pour vous
Vedette du stand Ludens AI, Cocomo est un robot autonome conçu pour suivre son propriétaire dans la maison. Monté sur une base roulante, affublé de petites « oreilles » décoratives et recouvert d’une enveloppe orange évoquant un ours en peluche, Cocomo inspire immédiatement confiance et curiosité.
Son détail le plus frappant est invisible : sa température corporelle. Maintenue autour de 37 °C, et pouvant monter à 39 °C lors de contacts répétés, elle supprime toute sensation froide ou mécanique. Cocomo ne parle pas. Il communique par des bourdonnements doux et des sons feutrés, renforçant son identité d’animal plutôt que de machine.
Une relation qui se construit dans le temps
Cocomo apprend progressivement ce qui rassure son humain, ce qui déclenche des réactions positives, quand proposer une interaction spontanée.
Les échanges reposent sur la voix, le toucher et le mouvement. Ludens AI insiste sur un point clé : l’attachement n’est pas instantané. Cocomo est pensé comme un compagnon qui évolue lentement, qui se souvient, imite et s’adapte — à l’image d’un animal réel qui apprend à connaître son foyer.
Inu : un « chiot alien » pour le bureau

À l’opposé du format mobile de Cocomo, Inu adopte une approche minimaliste. Décrit comme un « chiot extraterrestre de bureau », Inu est un petit robot stationnaire destiné aux espaces de travail.
Il ne se déplace pas, ne prend aucune initiative fonctionnelle. En revanche, il réagit à la voix, au toucher, et aux sons environnants.
Clignements d’yeux expressifs, mouvements de queue stylisés, micro-réactions ludiques… Inu apporte une présence émotionnelle légère, presque apaisante, conçue pour accompagner les longues heures devant un écran sans distraire ni solliciter excessivement.
Ludens AI : Une philosophie à contre-courant des « smart assistants »
Là où la majorité des robots domestiques cherchent à prouver leur utilité, Ludens AI fait un pari inverse : les robots n’ont pas besoin d’être utiles pour être désirables.
Cocomo et Inu ne promettent ni gain de temps ni efficacité accrue. Ils promettent de la présence, de la chaleur, et une forme de lien émotionnel discret. Les deux produits devraient faire l’objet de campagnes de financement participatif plus tard dans l’année, avec l’ambition claire d’entrer dans de vrais foyers et bureaux.
Vers une technologie affective assumée
Avec Cocomo et Inu, Ludens AI met en lumière une évolution culturelle profonde : le passage de la machine-outil à la machine-compagne. À mesure que l’IA devient omniprésente, la question n’est plus seulement ce qu’elle peut faire, mais comment elle nous fait nous sentir.
Ces robots suggèrent un futur où la compagnie ne sera plus exclusivement humaine ou animale, mais hybride — faite de gestes, de chaleur, de réactions et de souvenirs partagés. Une technologie moins bruyante, moins performative, mais peut-être plus intime.
Et si, demain, le véritable rôle de l’IA n’était pas de nous assister… mais simplement de nous tenir compagnie ?



