À peine la LPDDR6 officiellement montrée au grand public au CES 2026 — avec, au passage, un Innovation Award — que Samsung semble déjà préparer l’étape suivante.
Selon un média coréen, Samsung aurait expédié des échantillons de LPDDR6X à Qualcomm, bien avant que la LPDDR6 ne devienne une réalité industrielle. Une accélération qui raconte moins une histoire de « gigabits par seconde » qu’une bataille d’influence : celle des composants qui feront tourner l’IA embarquée… et l’IA en data center, demain.
LPDDR6 au CES 2026 : une vitrine, pas encore un lancement
Samsung a profité de CES pour cadrer le récit : la LPDDR6 est pensée pour les usages mobiles, l’edge computing et les charges IA, avec une mise en avant d’un premier palier à 10,7 Gb/s et d’un I/O élargi pour maximiser la bande passante — des chiffres alignés avec la manière dont le standard arrive généralement sur le marché (d’abord « safe », puis optimisé).
En parallèle, le standard JEDEC LPDDR6 est déjà posé : vitesse d’entrée à 10,667 Gb/s, plafond défini à 14,4 Gb/s, et surtout un changement structurel majeur avec des canaux 24-bit (deux sous-canaux 12-bit), conçus pour améliorer concurrence et efficacité.
Samsung aurait envoyé de la LPDDR6X à Qualcomm
C’est là que la séquence devient intéressante. D’après The Bell, Samsung aurait déjà livré des samples LPDDR6X à Qualcomm — alors même que l’écosystème ne prévoit pas une adoption « de masse » avant 2027 au plus tôt.
On reste dans l’informel : pas de fiche publique détaillée, pas de calendrier gravé dans le marbre. Mais, le message est clair : Samsung veut être validé tôt par un client qui compte, pour verrouiller la chaîne (qualification, design-in, volumes) bien avant le grand public.
Pourquoi Qualcomm ? Parce que l’IA « near-memory » dévore la bande passante
L’hypothèse la plus commentée est un lien avec la AI250 de Qualcomm — un accélérateur IA annoncé pour une disponibilité commerciale attendue en 2027. Qualcomm elle-même positionne les AI200/AI250 comme une offensive « rack-scale » pour l’inférence IA.
Dans ce type d’architecture, la mémoire n’est pas un accessoire : c’est le nerf de la guerre. Plus l’IA grossit, plus elle devient avide de bande passante, et plus l’avantage se joue sur la capacité à nourrir les unités de calcul sans goulot d’étranglement.
Le fait que Samsung travaille déjà sur une variante « X » avant la banalisation de la LPDDR6 ressemble à une stratégie classique du semi-conducteur : prendre la pole position sur la prochaine génération, et imposer son écosystème de tests/validation.
La LPDDR6 (et demain la 6X) dépasse le smartphone
On associe souvent LPDDR à la mobilité, mais la dynamique 2026–2027 est plus large. Sur mobile, la LPDDR6 sert la promesse « on-device AI » : multitâche, modèles locaux, latence plus faible, le tout sous contrainte thermique. Le passage au 24-bit et l’échelle vers 14,4 Gb/s visent justement ce compromis performance/consommation.
Côté accélérateurs IA, la mémoire devient une arme stratégique, parce qu’elle conditionne le débit réel des systèmes. Qualcomm place déjà l’AI250 dans une feuille de route 2027 : si Samsung est « dans le design » tôt, il est potentiellement « dans le volume » ensuite.
En filigrane, il y a aussi une bataille de réputation industrielle : face à SK hynix et Micron, Samsung cherche à montrer qu’il ne suit pas la vague — il la précède.
Si cette fuite se confirme dans les mois à venir, elle dira surtout une chose : la prochaine génération de performances IA ne se jouera pas seulement sur les puces… mais sur la mémoire qui les alimente.



