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Vérification d’âge sur Discord : Selfie vidéo ou ID, le nouveau passage obligé

Vérification d'âge sur Discord : Selfie vidéo ou ID, le nouveau passage obligé
Vérification d'âge sur Discord : Selfie vidéo ou ID, le nouveau passage obligé

Discord s’apprête à basculer dans une nouvelle ère de modération « par défaut ». À partir de début mars, Discord déploiera mondialement une expérience pensée pour les ados : tout le monde y est placé automatiquement, sauf si l’utilisateur prouve qu’il est adulte.

L’objectif affiché est clair : réduire les contacts non sollicités et verrouiller l’accès aux espaces 18+, tout en évitant de transformer la vérification d’âge en aspirateur à données. Sur le papier, c’est une avancée.

Dans les faits, c’est aussi un pari risqué, notamment après les récentes polémiques autour de la sécurité des données.

Une expérience « ado » par défaut : ce qui change vraiment

Discord introduit un ensemble de règles plus strictes qui s’appliquent tant que vous n’êtes pas « garanti par l’âge » adulte :

  • Contenus sensibles floutés (images/vidéos) par défaut.
  • Accès bloqué aux serveurs, salons et commandes « limité par l’âge » (18+), y compris pour des espaces que vous aviez déjà rejoints avant le déploiement.
  • Paramètres de DM plus protecteurs : les messages de personnes « non familières » basculent dans une boîte séparée, et Discord pousse des alertes lors des demandes d’ajout suspectes.
  • Certaines actions (comme parler sur scène dans les « Canaux de scène ») deviennent réservées aux comptes vérifiés adultes.

L’idée est de réduire deux zones grises historiques : les DM non désirés et la circulation trop simple vers des espaces 18+.

Vérifier son âge : selfie vidéo sur l’appareil ou pièce d’identité via partenaires

Pour « déverrouiller » l’expérience adulte, Discord met en avant plusieurs mécanismes :

  1. Estimation d’âge par selfie vidéo, annoncée comme traitée sur l’appareil (le selfie « ne quitte pas le device »).
  2. Vérification via document officiel envoyé à des partenaires de Discord ; Discord affirme que ces documents sont supprimés rapidement, « dans la plupart des cas immédiatement » après confirmation.
  3. Âge « inféré » automatiquement : un modèle d’inférence en arrière-plan peut déterminer qu’un compte appartient probablement à un adulte sans imposer systématiquement une vérification manuelle.

Discord précise que la « catégorie d’âge » reste privée, invisible aux autres utilisateurs, et qu’il est possible de consulter/contester son statut dans les réglages.

Pourquoi maintenant : pression sectorielle et tests déjà menés

Discord explique que ce déploiement mondial s’appuie sur des tests menés notamment au Royaume-Uni et en Australie. La plateforme s’aligne aussi sur une tendance plus large : les réseaux sociaux et services de messagerie renforcent la sécurité des mineurs, avec des paramètres plus stricts par défaut et des mécanismes de détection d’âge de plus en plus sophistiqués.

C’est là que le discours de « privacy by design » rencontre la réalité de la défiance : l’annonce intervient après des articles relayant une fuite liée à un prestataire tiers ayant exposé des données de vérification d’âge, dont des images de documents d’identité, dans une affaire largement commentée.

Même si Discord insiste sur la suppression rapide des documents et sur le traitement local des selfies, une partie du public voit surtout ceci : « on me demande une vérification plus intrusive, au moment même où la preuve que “ça ne fuit pas” a été ébranlée ». C’est le cœur de la réaction mitigée décrite par plusieurs médias.

Discord tente le « moins pire » d’un sujet impossible

Discord veut résoudre un problème structurel : protéger les ados sans casser l’expérience des adultes, et sans que l’âge vérifié devienne un badge public. Techniquement, la plateforme propose un compromis moderne (selfie local, partenaires, inférence), et politiquement, elle envoie un signal : la sécurité des mineurs prime sur la fluidité par défaut.

Mais, l’équation est délicate :

  • Trop strict, et Discord pousse des adultes vers d’autres plateformes (ou vers des contournements).
  • Trop permissif, et Discord reste dans le viseur des critiques, des parents… et des régulateurs.

En 2026, le vrai enjeu n’est plus de « mettre une case +18 » : c’est d’installer une infrastructure d’âge qui tient juridiquement, techniquement, et socialement. Discord tente de le faire en gardant l’âge « privé » et en promettant des suppressions rapides, mais sa crédibilité se jouera sur l’exécution : stabilité du système, transparence, audits, et capacité à prouver qu’il ne conserve pas ce qu’il dit effacer.

Tags : Discord
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.