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Comment Microsoft PCM veut rémunérer les médias pour chaque réponse de Copilot ?

Comment Microsoft PCM veut rémunérer les médias pour chaque réponse de Copilot ?
Comment Microsoft PCM veut rémunérer les médias pour chaque réponse de Copilot ?

L’IA générative a bâti sa fulgurance sur un paradoxe : elle a besoin du Web, mais elle assèche souvent ceux qui le produisent. Avec son Publisher Content Marketplace (PCM), Microsoft tente de transformer ce conflit en marché — et de redéfinir la manière dont les contenus seront « achetés » pour alimenter les assistants conversationnels.

Microsoft présente PCM comme un centre de licensing où les éditeurs peuvent afficher des conditions d’usage (droits, périmètres, modalités) et où les entreprises d’IA peuvent sourcer du contenu premium pour des « connaissances » (améliorer la fiabilité des réponses en s’appuyant sur des sources). Le tout avec une promesse centrale : du reporting basé sur l’usage pour aider à fixer les prix et mesurer la valeur réelle livrée.

Côté partenaires, Microsoft dit co-construire l’initiative avec plusieurs grands groupes médias et marques éditoriales — dont Vox Media, The Associated Press, Condé Nast, People, et d’autres — et le pilote commence à s’élargir.

Ce que ça change concrètement : on passe du « scrape » au « deal »

PCM cherche à recréer, en version IA, l’ancien pacte implicite du Web : contenu accessible contre distribution. Sauf qu’en 2026, les réponses arrivent de plus en plus dans une conversation, sans clic, sans page vue, parfois sans attribution visible. Microsoft l’admet : ce modèle ne « se traduit pas proprement » dans un monde « AI-first ».

PCM veut donc mettre un prix et des règles sur ce qui, jusque-là, était souvent capté sans friction.

L’angle intéressant, c’est la logique « marketplace » : elle standardise le contrat et accélère les deals, un peu comme un app store des droits — mais pour les éditeurs.

Le vrai enjeu : la mesure de la « valeur livrée »

Le nerf de la guerre, ce n’est pas seulement d’être « licencié ». C’est d’être mesuré. Si PCM tient sa promesse, un éditeur peut enfin relier l’usage de son contenu à une forme de rémunération (ou au moins à des métriques exploitables). Mais si la « valeur livrée » se résume à quelques indicateurs flous (citations, impressions, prompts), le marché risque de reproduire un vieux problème : la dépendance aux plateformes, avec des règles et des tableaux de bord définis ailleurs.

Autrement dit : PCM peut être un nouvel outil de rééquilibrage, ou un nouveau format d’intermédiation.

PCM vs RSL : deux visions qui peuvent s’emboîter… ou se concurrencer

En parallèle, un autre chantier avance vite : Really Simple Licensing (RSL), un standard ouvert qui permet aux sites de publier des termes de licence lisibles par machine (attribution, « paiement par crawl », « paiement par inférence », etc.). RSL s’appuie sur l’esprit de robots.txt, mais vise à donner une base contractuelle plus explicite aux usages IA.

La question est simple : PCM sera-t-il un « marché » au-dessus de ces règles, ou une alternative propriétaire ? Microsoft dit vouloir travailler avec ses partenaires éditeurs pendant le pilote, sans préciser d’intégration formelle à ce stade.

Le scénario le plus logique (et le plus sain) :

  • RSL comme couche standard (les règles)
  • PCM comme couche transactionnelle (les deals, la facturation, le reporting)

Le scénario le plus risqué : une fragmentation où chaque géant propose sa boutique de licences, et où les éditeurs doivent gérer plusieurs rails pour monétiser un même contenu.

Tags : CopilotIA
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.