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Alerte Hardware : La « taxe Howard Lutnick » de 100 % menace vos futurs upgrades PC et serveurs

Alerte Hardware : La « taxe Howard Lutnick » de 100 % menace vos futurs upgrades PC et serveurs
Alerte Hardware : La « taxe Howard Lutnick » de 100 % menace vos futurs upgrades PC et serveurs

La prochaine hausse de prix qui vous tombe dessus ne viendra peut-être pas d’une nouveauté produit, mais d’un discours politique. À l’occasion de la pose de première pierre d’un nouveau site Micron près de Syracuse (État de New York), le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a envoyé un message aux fabricants de mémoire : investir aux États-Unis, ou risquer des droits de douane pouvant aller jusqu’à 100 %.

Dit autrement : le pays qui veut « ramener » les puces à domicile menace de renchérir brutalement un composant invisible… mais omniprésent dans nos machines.

Le cœur de la mesure : une menace « binaire » et un système de quotas

Lutnick a présenté la situation comme un choix simple pour les acteurs qui veulent vendre de la mémoire sur le marché américain : payer très cher ou fabriquer sur place.

Le mécanisme s’appuie sur une logique de « carotte + bâton » liée à un accord commercial États-Unis/Taïwan pendant la construction de nouvelles capacités aux États-Unis, les entreprises pourraient importer jusqu’à 2,5× leur capacité actuelle sans droits (ou avec relief), puis être taxées à un taux plus bas au-delà, et une fois les sites terminés, le plafond tomberait à 1,5×.

Lutnick a aussi expliqué que cette logique de quotas pourrait s’appliquer, par extension, à des acteurs sud-coréens — un point crucial quand on sait à quel point la mémoire (DRAM/NAND/HBM) est dominée par Samsung et SK hynix, aux côtés de Micron.

Le grand flou : quand ça démarre exactement ?

C’est la pièce manquante, et elle change tout : la Maison-Blanche n’a pas donné de date ferme pour l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs sur la plupart des semi-conducteurs étrangers. Reuters rapporte que l’administration Trump retient pour l’instant une partie des mesures, pendant que Commerce et USTR négocient avec des partenaires.

En pratique, ce type d’annonce peut suffire à faire bouger les marchés avant même la signature, parce que la chaîne d’approvisionnement réagit au risque : stockages préventifs, renégociations de contrats, re-pricing opportuniste.

Pourquoi ça touche vite votre portefeuille : la mémoire est un multiplicateur de coût

La mémoire est « partout » : SSD (NAND), RAM (DRAM), et PC portables, consoles portables, prébuilds gaming, serveurs domestiques.

Une hausse tarifaire ou une menace crédible se répercute souvent de deux façons :

  1. Hausse directe : les prix grimpent sur les kits RAM et les SSD au détail, puis sur les configurations de PC.
  2. Hausse indirecte (la plus « insidieuse ») : au même prix, vous obtenez moins — stockage de base réduit, moins de promos, options « intéressantes » moins disponibles.

Et, le timing est mauvais : la mémoire « premium » est déjà sous tension, notamment parce que la demande IA (HBM et chaînes associées) aspire les capacités. Reuters note que la politique américaine vise à pousser davantage de production avancée sur le sol US, dans un contexte de sécurité et de dépendance aux importations.

Ce que Microsoft, Apple ou les marques PC pourraient faire

Les grands fabricants disposent de leviers (contrats long terme, arbitrages de BOM, montée en gamme, ajustement des marges). Mais même eux ne sont pas immunisés si le choc devient structurel : on l’a vu sur d’autres cycles composants, quand tout le monde « protège la marge » en déplaçant la pression vers le consommateur.

Le plus probable, si la menace se concrétise, c’est une période de reconfiguration :

  • certains modèles « abordables » deviennent moins attractifs,
  • les configs 32 Go/1 To se raréfient ou deviennent plus chères,
  • les offres d’entrée de gamme restent affichées, mais moins généreuses.

Comment « lire » la situation si vous prévoyez un upgrade (sans jouer à la loterie)

Si vous envisagez d’acheter RAM/SSD ou un PC dans les prochains mois, deux signaux sont plus utiles que les rumeurs :

  • Une annonce officielle (périmètre exact : mémoire incluse ? produits finis ? composants ?)
  • Les détails de quotas et d’exemptions liés aux investissements US (2,5× pendant construction, 1,5× après) — car ce sont eux qui déterminent qui paie vraiment et quand.

Ce n’est pas une invitation à acheter dans la panique. C’est un rappel : sur la mémoire, les prix peuvent se recalibrer très vite dès que la politique devient un paramètre industriel.

La mémoire devient un levier de souveraineté… et un risque de hausse rapide

Washington présente ce virage comme une politique industrielle : attirer la fabrication sur le territoire, sécuriser l’approvisionnement, réduire la dépendance.

Mais dans le monde réel, la mémoire est un domino : si son coût bouge, ce sont des millions de configurations qui changent — et les « bonnes affaires » qui disparaissent avant même que les prix n’augmentent officiellement.

Le plus ironique ? Dans un marché où l’IA pousse déjà la demande en composants, la politique pourrait devenir le second moteur… et rendre vos upgrades 2026 plus chers par surprise.

Tags : États-UnisMicronSamsungSK Hynix
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.