Un panier, un swipe, et une idée très Meta : transformer une discussion en mini-arène. Threads explore des jeux intégrés aux chats, en commençant par un mini-jeu de basket repéré dans une version en développement — un prototype interne, confirmé mais non public.
L’info part d’un classique de l’écosystème Meta : Alessandro Paluzzi, habitué à débusquer des fonctionnalités non annoncées dans le code des applications. Il a partagé une capture d’un jeu de basket qui semble permettre de tirer en faisant glisser le doigt, avec l’évidence d’un format « score à battre » entre amis.
Meta, via un porte-parole, confirme à TechCrunch qu’il s’agit bien d’un prototype en cours de test interne, sans disponibilité ni calendrier annoncé.
#Threads is working on a basketball game 🏀 for chats 👀 pic.twitter.com/LGp22SLwRI
— Alessandro Paluzzi (@alex193a) January 4, 2026
Pourquoi Threads mise sur le jeu : friction minimale, engagement maximal
Le pari est simple : un jeu dans la conversation, c’est du temps passé en plus sans quitter l’app, et surtout une mécanique de retour ultra-efficace (« je reviens reprendre mon record »). C’est aussi une manière pour Threads d’ajouter un avantage produit face à des concurrents comme X ou Bluesky, qui n’ont pas de jeux natifs dans les messages, tout en se rapprochant d’une logique à la iMessage (où des jeux existent via des apps tierces comme GamePigeon).
Meta a déjà testé ce ressort ailleurs : Instagram a lancé un jeu caché dans les DM (un petit « paddle game » autour d’un emoji), preuve que l’entreprise croit aux mini-jeux comme outil d’attachement.
Le contexte : Threads grossit vite… mais reste en retard sur X aux États-Unis
Threads n’est pas un petit produit. Meta revendique plus de 400 millions d’utilisateurs mensuels (chiffre communiqué en 2025). Mais, l’écart d’usage est encore net sur le marché américain : selon Pew Research Center, 21 % des adultes US déclarent avoir utilisé X, contre 8 % pour Threads et 4 % pour Bluesky (données de 2025).
Autrement dit : Threads peut être énorme à l’échelle globale, tout en restant en phase « conquête » sur le terrain le plus symbolique — celui de la conversation publique et des usages temps réel.
Ce prototype s’inscrit dans une série d’ajouts destinés à rendre Threads plus « habitable » au quotidien. Meta a par exemple lancé les posts « fantômes » qui disparaissent du fil après 24 h et sont archivés), une fonctionnalité pensée pour favoriser des prises de parole plus légères. L’entreprise pousse aussi ses chantiers autour des communautés et sujets, avec l’objectif implicite de capter une part de l’énergie qui, aujourd’hui, s’exprime sur Reddit ou dans certaines niches de X. (Là encore, l’idée est la même : créer des raisons de revenir.)
Les jeux, un choix « petit » qui peut devenir très politique
Les mini-jeux en messagerie paraissent anodins, presque régressifs. C’est précisément leur force : ils ajoutent une boucle d’engagement sans dépendre de l’actualité, sans nécessiter un « créateur », sans obliger l’utilisateur à produire du contenu.
Mais, ils posent aussi une question de ton. Threads cherche encore son identité entre réseau social « doux », place publique, et extension d’Instagram. Un jeu intégré aux chats peut rendre l’app plus conviviale… ou la faire basculer vers une sensation de « gamification permanente » que certains utilisateurs fuient déjà ailleurs.
Pour l’instant, Meta reste prudent : prototype interne, aucune promesse. Mais, l’intention est claire : dans la bataille des plateformes, la différence se joue de plus en plus dans les détails d’usage — et un simple panier peut parfois valoir plus qu’une grande refonte.



