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CES 2026 : NVIDIA Rubin et l’IA physique, le plan de Jensen Huang pour dominer le réel

CES 2026 : NVIDIA Rubin et l'IA physique, le plan de Jensen Huang pour dominer le réel

À Las Vegas, NVIDIA a livré un CES 2026 qui ressemble moins à un show produit qu’à une déclaration d’intention. Oui, la marque parle encore de GeForce — mais le cœur du message est ailleurs : devenir l’infrastructure sur laquelle se construisent les robots, les usines, les véhicules et les jumeaux numériques.

Autrement dit : pas seulement accélérer l’IA, mais l’incarner.

L’« IA physique », ou comment NVIDIA veut entraîner le réel… avant qu’il existe

Jensen Huang a remis au centre un concept que NVIDIA martèle depuis des mois : la Physical AI, une IA qui ne se contente pas de produire du texte ou des images, mais perçoit, raisonne et agit dans des environnements contraints par la physique.

L’idée est simple et redoutable : entraîner des modèles dans des mondes simulés ultra-réalistes alimentés par de la donnée synthétique, pour réduire le coût (et le risque) du passage au monde réel.

Dans ce dispositif, Cosmos joue un rôle central. NVIDIA le présente comme une famille de modèles/outils « world foundation » pensée pour générer et prédire des environnements (vidéo synthétique, variations météo, conditions extrêmes) afin d’alimenter l’entraînement des robots et des agents physiques.

Rubin : NVIDIA ne vend plus une puce, mais une plateforme « rack-scale »

La bascule la plus stratégique de la keynote, c’est Vera Rubin. NVIDIA insiste : Rubin est en « full production », et la plateforme arrive via partenaires au second semestre 2026.

Surtout, Rubin n’est pas une simple GPU : c’est un ensemble cohérent de 6 briques (CPU Vera, GPU Rubin, NVLink, réseau, DPU, commutation) conçu comme un système pour les datacenters IA. NVIDIA revendique des gains massifs de coût et d’efficacité pour l’entraînement de grands modèles (notamment MoE), dans une logique « moins de GPU, moins de tokens, plus de débit ».

C’est là que NVIDIA devient le plus dangereux : quand votre produit n’est plus un composant, mais la référence d’architecture.

Automobile, robots, agents : l’écosystème plutôt que la démo

Côté mobilité, NVIDIA a mis en avant Alpamayo, une famille de modèles/outils pour l’autonomie conçue pour apporter une couche de raisonnement — une évolution que certains médias ont résumé comme un « moment ChatGPT » de l’IA physique.

La marque a aussi illustré sa thèse avec une Mercedes-Benz CLA présentée comme vitrine d’une conduite « définie par l’IA ».

Et pour verrouiller le narratif, NVIDIA a laissé filtrer une ambition qui dépasse les partenariats : tester un service de robotaxi dès 2027, en Level 4, avec un partenaire (sans préciser les zones).

Enfin, l’autre signal fort : NVIDIA pousse des modèles « open » — mais ouverts à sa manière, c’est-à-dire profondément optimisés pour ses stacks (DGX, frameworks, accélération). Le but : être incontournable du cloud jusqu’au desktop, via des machines comme DGX Spark et des démonstrations d’agents « locaux ».

Pourquoi l’absence de « nouvelle GeForce » est (justement) le message

Pour les joueurs, le keynote a eu un parfum inhabituel : pas d’annonce de nouvelle génération GeForce pour porter le show. Plusieurs observateurs l’ont noté explicitement — et c’est cohérent avec la trajectoire : la scène CES devient une vitrine « industrie + datacenter », pendant que le gaming se contente d’annonces logicielles et partenaires (DLSS, écosystème RTX).

C’est la nouvelle hiérarchie de NVIDIA : gaming = image, IA = pouvoir.

Et le contexte financier renforce cette lecture : NVIDIA a brièvement franchi la barre des 5 000 milliards de dollars de capitalisation fin 2025, même si les chiffres évoqués autour du CES 2026 situent plutôt l’entreprise autour de 4,6–4,7 T$ selon les périodes et sources.

En clair : quand l’IA paie l’addition, l’agenda produit suit.

Tags : CES 2026NvidiaNVIDIA Rubin
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.