La crise de la mémoire ne concerne plus seulement les PC et les smartphones. Samsung avertit désormais que l’écart entre l’offre et la demande pourrait encore se creuser en 2027, sous l’effet de l’appétit massif des data centers pour les puces dédiées à l’IA.
Samsung l’affirme : L’IA aspire la mémoire mondiale
Samsung sort d’un trimestre record, porté par une envolée de ses profits dans les semi-conducteurs. En effet, la forte demande en intelligence artificielle a permis à sa division semi-conducteurs de générer la majeure partie de la hausse des bénéfices.
Mais derrière cette performance se cache une tension plus profonde : les clients réservent massivement de la mémoire avancée, notamment pour les accélérateurs IA, et l’industrie peine à suivre.
Cette pression touche déjà la DRAM, la NAND et les SSD. Résultat : les fabricants d’appareils doivent arbitrer entre hausse de prix, baisse des configurations ou disparition de certains modèles d’entrée de gamme. Cela pourrait se traduire par une hausse du coût des composants, une réduction des remises et des mises à niveau plus onéreuses pour les consommateurs.
Le risque ne se limite pas aux téléphones et aux ordinateurs portables. De nombreux appareils électroniques modernes utilisent une forme ou une autre de mémoire, ce qui signifie que les téléviseurs intelligents, les appareils photo, les routeurs, les objets connectés, les voitures et les appareils domotiques, entre autres, pourraient également subir des pressions sur les prix.
Le conglomérat sud-coréen en ressent déjà les effets. Si la hausse des prix des puces a soutenu son activité semi-conducteurs, ses divisions mobiles et écrans ont été impactées. Le bénéfice de la division mobile et réseaux a chuté de 35 % au premier trimestre, et celui de la division écrans a également reculé.
Smartphones, PC, consoles : le choc arrive côté consommateurs
IDC estime que la crise mémoire pourrait provoquer une chute de 12,9 % des livraisons mondiales de smartphones en 2026, avec un impact particulièrement dur sur les modèles Android à moins de 100 dollars, où les marges sont trop faibles pour absorber la hausse des composants.
Le PC n’est pas épargné : IDC anticipe aussi un recul de 11,3 % du marché mondial en unités en 2026, tandis que les revenus progresseraient légèrement grâce à des prix moyens plus élevés.
Une inflation silencieuse dans les appareils du quotidien
Et comme mentionné précédemment, le plus inquiétant est que la mémoire se cache partout : téléviseurs, consoles, routeurs, montres connectées, caméras, voitures, objets domotiques. Même sans nouveauté spectaculaire, ces produits pourraient devenir plus chers simplement parce que leur stockage et leur RAM coûtent davantage.
Intel a d’ailleurs prévenu que le soulagement pourrait ne pas arriver avant 2028, ce qui laisse entrevoir une pression durable sur toute la chaîne électronique.
Le nouveau luxe : avoir assez de mémoire
Cette pénurie montre une bascule majeure : dans l’économie de l’IA, la mémoire devient aussi stratégique que les processeurs eux-mêmes. Les géants du cloud sécurisent les volumes, les fabricants répercutent les coûts, et le consommateur découvre que le stockage “de base” pourrait bientôt redevenir un privilège.
La prochaine hausse de prix de votre téléphone ou de votre laptop ne viendra peut-être pas d’un meilleur écran ou d’une puce plus rapide, mais de quelques gigaoctets devenus soudainement précieux.



