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Étude Pew 2026 : Plus d’un ado sur deux utilise l’IA pour ses devoirs

Étude Pew 2026 : Plus d'un ado sur deux utilise l'IA pour ses devoirs
Étude Pew 2026 : Plus d'un ado sur deux utilise l'IA pour ses devoirs

C’était une intuition de parent, un soupçon de prof, un réflexe de couloir. Pew Research Center vient de le quantifier : aux États-Unis, plus d’un ado sur deux (54 %) dit avoir utilisé des chatbots type ChatGPT ou Copilot pour le travail scolaire.

Les données ont été collectées à l’automne 2025 auprès de 1 458 adolescents (13–17 ans) et leurs parents — l’un des clichés les plus nets à ce jour de la place de l’IA dans la vie étudiante.

L’IA est courante… mais pas universelle, ni « tout le temps »

Le chiffre de 54 % ne raconte pas une génération entière « assistée » en permanence. Pew montre un usage en strates :

  • 10 % des ados disent faire « tout ou la plupart » de leur travail avec l’aide de chatbots.
  • 21 % les utilisent pour une partie de leurs devoirs.
  • 23 % seulement un peu.
  • 45 % n’y ont pas recours pour l’école.

Autrement dit, l’IA est bien entrée dans la salle de classe, mais elle ressemble davantage à une calculatrice intellectuelle ponctuelle qu’à une machine à « rendre des copies ».

PI 2026.02.24 teens and ai 0 02

À quoi sert l’IA, concrètement ? Tutorats express, plus que l’écriture fantôme

Les usages dominants sont très « fonctionnels » :

  • 48 % s’en servent pour rechercher un sujet
  • 43 % pour résoudre un problème de maths
  • 35 % pour relire/éditer un texte

Ce trio est important : il dessine une IA utilisée comme tuteur, assistant de compréhension et outil d’édition, plutôt que comme auteur fantôme systématique.

« Ça aide vraiment » : la satisfaction est forte

Quand Pew demande si les chatbots sont utiles pour l’école, la réponse est largement positive :

  • 26 % des ados jugent l’IA très ou extrêmement utile
  • 25 % la trouvent plutôt utile
  • 3 % disent que ça n’aide pas (ou presque pas)

Ce n’est pas un détail : une technologie qui « marche » pour l’utilisateur s’installe vite — et pousse les établissements à clarifier, qu’ils le veuillent ou non.

PI 2026.02.24 teens and ai 0 01

Le nœud : la triche est perçue comme fréquente… et la norme sociale pèse

L’autre moitié du récit, c’est l’intégrité scolaire. Pew relève que :

  • 59 % des ados estiment que la triche via IA arrive au moins « assez souvent » dans leur établissement
  • Dont 34 % qui disent très/extrêmement souvent
  • 14 % pensent que ça arrive rarement/jamais
  • 15 % ne savent pas

Le point le plus révélateur : chez ceux qui utilisent déjà des chatbots pour l’école, 76 % disent que la triche est au moins parfois une réalité.
Cette perception agit comme un accélérateur : si « tout le monde le fait », la pression pour suivre augmente — même chez les élèves qui n’auraient pas franchi la ligne seuls.

Parents : un décalage de visibilité, donc de discussion

Pew mesure aussi une fracture tranquille : 64 % des ados disent utiliser des chatbots, alors que 51 % seulement des parents pensent que leur enfant en utilise.
Et côté compétence, l’outil est omniprésent, mais pas forcément maîtrisé : environ un quart des ados se disent très confiants dans leur capacité à utiliser ces chatbots.

C’est une fenêtre de tir idéale : l’enjeu n’est pas seulement de « surveiller », mais d’enseigner comment s’en servir sans désapprendre.

Analyse : ce que écoles et familles doivent regarder maintenant

Ce que Pew décrit, c’est le basculement d’une question morale (« triche ou pas triche ? ») vers une question de design pédagogique :

  • Clarifier les règles : ce qui est autorisé (brainstorm, explication, correction), ce qui ne l’est pas (rédaction intégrale, réponses « prêtes à rendre »), et surtout comment citer l’aide de l’IA.
  • Déplacer l’évaluation : davantage d’écrits en classe, d’oraux, de « process » (brouillons, étapes, justification), pour valoriser la démarche plutôt que le rendu.
  • Former à l’IA : apprendre à vérifier, à demander des sources, à repérer les erreurs — sinon on obtient des copies « fluides », mais fragiles.
  • Parler plutôt que punir par réflexe : avec une adoption déjà massive, la conversation est souvent plus efficace que la police.

L’IA n’a pas « tué » les devoirs : elle a changé la définition du travail scolaire — et la frontière entre aide et triche devient, de fait, un sujet d’éducation.

Tags : ChatGPTCopilotIA
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.