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Figma branche Codex d’OpenAI : quand le design et le code cessent (enfin) de se renvoyer la balle

Figma branche Codex d’OpenAI : quand le design et le code cessent (enfin) de se renvoyer la balle
Figma branche Codex d’OpenAI : quand le design et le code cessent (enfin) de se renvoyer la balle

Figma accélère sur un terrain devenu central : la frontière entre maquette et produit. Après avoir annoncé une intégration avec Claude Code d’Anthropic, l’éditeur de design Figma enchaîne avec Codex d’OpenAI.

L’idée : permettre aux équipes de créer, modifier et itérer sur des designs… sans quitter leur environnement de code, et inversement. Une évolution qui ressemble moins à une « fonctionnalité » qu’à une tentative de recâbler le workflow moderne.

Le timing est révélateur : en une semaine, Figma s’associe avec deux acteurs majeurs de l’IA générative (Anthropic puis OpenAI). Plutôt que de parier sur un seul modèle, la plateforme semble assumer une logique « multi-agents/multi-fournisseurs », là où les équipes veulent choisir leurs outils selon les besoins (prototype rapide, refactor, QA, gouvernance…).

Derrière, un enjeu simple : si l’IA devient l’interface de production (et pas seulement un assistant), celui qui contrôle le contexte — design system, composants, intentions, contraintes — contrôle une partie de la qualité finale.

Figma : Un pont bidirectionnel via MCP (Model Context Protocol)

La nouvelle intégration permet de démarrer « d’un côté ou de l’autre » :

  • vous commencez un design dans Figma, puis vous basculez vers Codex pour l’implémentation ;
  • ou vous commencez dans Codex (côté code), puis vous revenez dans Figma pour ajuster visuellement — le tout via le serveur MCP de Figma.

MCP (Model Context Protocol) est présenté par Figma comme une interface standardisée permettant à des agents IA d’interagir avec des sources de données (ici : fichiers Figma, FigJam, Make) et de récupérer le contexte nécessaire pour générer du code qui colle à la réalité du design, pas seulement à une intuition de modèle.

Figma rappelle d’ailleurs que son serveur MCP peut apporter du contexte depuis Figma Design, FigJam et Make, et même capturer une UI « live » (depuis un navigateur/app web) pour la transformer en calques éditables sur le canvas — l’idée étant de rendre le va-et-vient entre produit réel et design beaucoup moins pénible.

Ce que Figma est en train d’acheter, ce n’est pas « du code », c’est du flux

Cette intégration Codex n’est pas qu’une commodité. Elle adresse une douleur structurelle :

  • Les ingénieurs veulent itérer sans interrompre leur « flow » (commit, test, preview, CI).
  • Les designers veulent se rapprocher de l’implémentation (composants, contraintes, états), sans devenir des développeurs à plein temps.
  • Les équipes produit veulent multiplier les itérations « secondes idées », pas juste valider la première version livrable.

En clair, Figma essaie de transformer son canvas en interface de divergence (explorer, comparer, collaborer) pendant que les environnements de code restent l’interface de convergence (exécuter, valider, livrer). C’est exactement ce que la marque met en avant dans son partenariat Claude Code : le code « arrive à un état », le canvas « montre tous les états possibles ».

Et pour OpenAI, l’intérêt est symétrique : Codex ne gagne pas uniquement en puissance de génération, il gagne en accès au contexte (design tokens, structure, composants, intentions). Sans ce contexte, l’IA code vite… mais code souvent « à côté ».

 Pourquoi maintenant : la bataille des assistants de code devient une bataille d’écosystèmes

OpenAI pousse Codex comme une plateforme d’agents, notamment via son app macOS, présentée comme un « centre de commande » pour orchestrer plusieurs tâches et agents en parallèle. Et si certains chiffres de traction (téléchargements et usage) circulent dans la presse ces dernières semaines, l’essentiel est ailleurs : la différenciation se joue de plus en plus sur les intégrations (IDE, CI, design tools, knowledge bases) et la capacité à « coller » à des workflows réels, pas à des démos.

Dans ce contexte, Figma n’est plus seulement « le logiciel des designers ». C’est potentiellement la couche de vérité visuelle qui alimente les agents IA — et un endroit où le produit peut être discuté, modifié, puis renvoyé au code avec moins de friction.

Tags : CodexFigmaOpenAI
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.