Apple vient d’annoncer une montée en puissance majeure de ses opérations industrielles à Houston : production du Mac mini aux États-Unis pour la première fois, accélération de l’assemblage de serveurs IA déjà lancé sur place, et ouverture d’un Advanced Manufacturing Center dédié à la formation dès cette année.
L’entreprise présente le tout comme un jalon concret de son engagement d’investissement de 600 milliards de dollars aux États-Unis.
Mac mini : un basculement symbolique… et pragmatique
La promesse la plus « grand public » est claire : à partir de la fin 2026, le Mac mini sera produit dans une nouvelle usine intégrée au campus industriel de Houston. Apple explique que l’ajout double l’empreinte du site. Cette production s’appuiera sur un partenaire industriel (Foxconn) déjà présent au nord de Houston, où Apple assemble aussi des serveurs destinés à ses data centers.
Il convient de retenir qu’Apple ne dit pas « toute la production mondiale bascule », mais plutôt une production américaine structurée, cohérente avec sa stratégie actuelle — relocaliser certains segments à forte valeur symbolique sans prétendre rapatrier l’iPhone.

Serveurs IA : Houston comme atelier de « l’Apple Intelligence »
Apple rappelle qu’elle a commencé à assembler des serveurs IA avancés à Houston en 2025, et affirme que la production est déjà en avance sur le planning, avec des logic boards fabriqués sur site et des déploiements dans des data centers américains.
Dans la lecture d’Apple, Houston devient donc un point névralgique de l’infrastructure qui alimente ses briques IA (y compris les architectures de type Private Cloud Compute).
Advanced Manufacturing Center : 20 000 ft² pour « former » la chaîne
L’autre annonce, plus stratégique qu’elle n’en a l’air : Apple ouvre plus tard cette année un Advanced Manufacturing Center d’environ 1 860 m² à Houston, dédié à la formation « hands-on » : étudiants, employés fournisseurs et entreprises américaines pourront y apprendre des procédés avancés utilisés dans la production Apple.
Le Houston Chronicle et Chron évoquent aussi des collaborations locales (Houston Community College, Lone Star College) et un impact sur les emplois « construction et permanent » à l’échelle de milliers de postes.
Un chapitre du plan US à 600 milliards

Apple rattache cette expansion à son engagement américain, et met en avant une série de jalons industriels :
- plus de 20 milliards de dollars de puces « made in USA » provenant de 24 usines dans 12 États ;
- démarrage de production de wafers chez GlobalWafers à Sherman (Texas) ;
- avancée d’un site Amkor en Arizona pour packaging/test ;
- usine Corning au Kentucky dédiée au verre de couverture ;
- et une trajectoire 2026 où Apple prévoit d’acheter plus de 100 millions de puces avancées produites par TSMC en Arizona.
Côté « formation », Apple relie aussi Houston à sa Manufacturing Academy (Detroit) et à son extension en programmes virtuels annoncée fin 2025, conçue avec Michigan State University.
Ce mouvement peut être perçu à trois dimensions :
- Chaîne d’approvisionnement et résilience : rapatrier des segments (Mac mini, serveurs) réduit l’exposition à certains risques logistiques et donne de la flexibilité.
- Narratif politique : « Mac mini fabriqué aux États-Unis » est un message simple, lisible, et très efficace en période de pression réglementaire et tarifaire.
- IA = industrie : Apple montre que son IA n’est pas qu’un enjeu logiciel ; c’est une chaîne complète (cartes, racks, data centers, compétences). Houston devient une vitrine de cette industrialisation.



