YouTube Music avance à grands pas vers une promesse simple : moins chercher, plus écouter. Après l’apparition d’un test qui limite l’accès aux paroles pour une partie des comptes gratuits, Google déploie désormais une nouveauté plus assumée — AI Playlist, une génération de playlists via Gemini… mais réservée aux abonnés Premium.
Ces derniers jours, des utilisateurs ont commencé à voir un message du type « Unlock lyrics with Premium », avec une limitation d’environ cinq consultations de paroles par mois pour certains comptes gratuits.
Google a confirmé qu’il s’agit d’une « expérience » menée auprès d’un petit pourcentage d’utilisateurs financés par la pub, en précisant que « la majorité » des utilisateurs ne verraient pas de changement.
Ce qui est intéressant, ce n’est pas seulement la fonctionnalité : c’est la méthode. On est typiquement sur un A/B test de conversion, où l’app mesure si une frustration légère (les paroles) peut déclencher un passage à l’abonnement — sans prendre le risque de fâcher tout le monde d’un coup.
YouTube Premium and @YouTubeMusic Premium users can now instantly turn an idea, mood or genre into a personalized playlist using our new AI playlist feature 🎧
Here’s how to use it:
1. On Android & iOS, tap the “New” button in the Library tab of YouTube Music
2. Select « AI… pic.twitter.com/YR1GVCqwvu— Updates From YouTube (@UpdatesFromYT) February 9, 2026
La nouveauté : « AI Playlist », ou le prompt comme télécommande musicale
Dans la foulée, YouTube déploie AI Playlist : une option qui permet de générer une playlist à partir d’une consigne en langage naturel (texte ou voix) — « indie pop », « progressive house pour une soirée chill », « sad post-rock », etc.
Le chemin est très simple :
- onglet Library
- bouton New
- option AI Playlist
- puis vous décrivez l’ambiance/le thème/l’intention.
Et là, Google tranche : c’est Premium only (YouTube Premium ou YouTube Music Premium, selon les marchés).
Pourquoi Google fait ça maintenant ?
Deux signaux se superposent :
- Premium devient la vitrine de l’IA grand public : La génération de playlists « à la demande » coûte plus cher en calcul que des recommandations classiques. La réserver aux abonnés permet de financer l’usage, et surtout de donner une raison tangible de payer, au-delà du « sans pub ».
- YouTube Music rattrape le terrain : Spotify pousse déjà son approche « pilotage par prompt » avec Prompted Playlist, qui revendique une playlist générée à partir de vos mots, de votre historique d’écoute et des tendances.
Bref : la musique entre dans l’ère où l’algorithme ne se subit plus, il se négocie.
La nouvelle stratégie — moins de features « universelles », plus de perks Premium
Pris ensemble, le test sur les paroles et AI Playlist racontent la même histoire : Google est en train de reclasser certaines fonctionnalités en « avantages d’abonnement ».
Les paroles, longtemps perçues comme un basique, deviennent un levier d’essai. L’IA générative, elle, devient un argument premium « à haute valeur perçue », même si la qualité réelle (cohérence, variété, découverte) devra se juger sur la durée.
Le pari est risqué : si l’IA ne produit que des playlists « OK », l’effet waouh s’évapore vite. Mais si Gemini réussit à capturer l’intention (l’humeur, le contexte, le rythme d’une journée), YouTube Music pourrait transformer une action banale — « faire une playlist » — en réflexe.



