La voix est en train de devenir le nouvel écran d’accueil de l’IA. Mais, elle arrive presque toujours avec un coût invisible : davantage de données qui transitent, davantage de risques, et un sentiment diffus de « parler dans un micro qui n’oublie jamais ».
DuckDuckGo tente une approche à contre-courant avec Duck.ai voice chat, désormais disponible : parler à l’IA en mains libres, avec une promesse simple — pas d’enregistrement, pas de stockage, pas d’entraînement.
Une fonctionnalité qui se veut « opt-in », pensée pour le navigateur
Le principe est direct : vous activez la voix sur Duck.ai, vous autorisez le micro, et l’assistant vous répond oralement (avec, selon les cas, une réponse texte en parallèle). DuckDuckGo insiste sur le fait que la fonctionnalité est facultative, activable/désactivable à tout moment dans les réglages.
Côté compatibilité, DuckDuckGo annonce un fonctionnement dans son navigateur et dans la plupart des navigateurs tiers, avec Firefox « à venir ».
Les « détails » qui font la promesse
DuckDuckGo ne se contente pas d’une phrase marketing. Sur ses pages d’aide, l’entreprise détaille le chemin technique :
- L’audio du micro est streamé en temps réel.
- La connexion passe par un relais chiffré que DuckDuckGo dit ne pas pouvoir déchiffrer.
- Le traitement (transcription + génération de réponse) est assuré par le fournisseur de modèle — explicitement indiqué comme OpenAI dans la documentation d’aide sur la voix.
Et surtout : une fois la session terminée, il n’y a pas de conservation de l’audio, ni côté DuckDuckGo, ni côté fournisseur, selon leurs termes.
Le compromis inévitable : des limites quotidiennes… sans chiffre public
Duck.ai voice chat n’est pas « illimité ». DuckDuckGo confirme un quota journalier (comme pour les chats texte), avec des limites plus élevées pour les abonnés DuckDuckGo — sans donner de nombre précis, pour des raisons de lutte contre l’abus.
Un détail pratique mérite d’être connu : DuckDuckGo explique que l’application « anonyme » des limites peut parfois déclencher un blocage plus tôt si vous êtes sur VPN ou réseau mobile, et recommande de basculer vers le Wi-Fi/changer de sortie VPN.
Le point sensible : la voix est « privée », mais jamais neutre
Même si votre audio n’est pas stocké, une question orale peut contenir des noms, lieux, contexte personnel, et la voix elle-même est un signal identifiant. DuckDuckGo le reconnaît d’ailleurs : certains risques de « empreintes digitales » existent, et la prudence reste de mise pour les sujets sensibles.
Comment l’essayer sans se brûler les ailes :
- Testez d’abord sur des usages faible enjeu (météo, idées de repas, résumé d’un article, questions générales).
- Vérifiez les permissions micro et la facilité à désactiver la fonction dans Duck.ai.
- Si vous êtes sur VPN/4G/5G, gardez en tête que le quota peut vous tomber dessus plus vite.
Dans un marché où la voix devient un aspirateur à données par défaut, DuckDuckGo essaie de faire de la confidentialité le produit, pas l’option. Si l’exécution suit les promesses (et si la transparence sur les fournisseurs et les flux reste constante), Duck.ai voice chat pourrait devenir l’alternative « sereine » pour ceux qui veulent parler à une IA… sans avoir l’impression de nourrir une nouvelle base vocale géante.



