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Intel GPU : Le plan secret de Lip-Bu Tan pour détrôner Nvidia dans l’IA

Intel GPU : Le plan secret de Lip-Bu Tan pour détrôner Nvidia dans l'IA
Intel GPU : Le plan secret de Lip-Bu Tan pour détrôner Nvidia dans l'IA

Après des années de tentatives hésitantes, d’annonces ambitieuses et de repositionnements, Intel remet les GPU au centre de sa stratégie. Cette fois, le message est plus direct — et plus industriel : Intel veut « faire des GPU » et les produire à l’échelle, avec un recrutement clé pour piloter l’architecture.

C’est Lip-Bu Tan, nouveau CEO, qui l’a affirmé publiquement lors d’une conférence IA à San Francisco, selon Reuters.

Intel recrute un chef architecte GPU, et assume le retour

D’après Reuters, Tan a annoncé avoir embauché Eric Demers, ex-cadre de Qualcomm, pour prendre le rôle de chief GPU architect. Il doit travailler sur une feuille de route centrée sur le marché data center, là où Nvidia règne aujourd’hui quasi sans partage.

Reuters précise également que Demers reportera au responsable des puces data center d’Intel, Kevork Kechichian, et qu’Intel discute déjà avec « quelques clients » afin d’aligner le développement sur leurs besoins.

Pourquoi Intel ne peut plus ignorer les GPU ?

Le GPU n’est plus un « extra » pour gamers : c’est devenu le moteur de facto de l’IA moderne — entraînement, inférence, et accélération de workloads de calcul. Dans ce contexte, rester cantonné au CPU revient à accepter un rôle secondaire dans la pile informatique.

Et, Intel le sait : la domination de Nvidia sur l’infrastructure IA crée un déséquilibre stratégique que même un géant des CPU ne peut plus compenser uniquement avec des processeurs.

Une stratégie plus « entreprise » que « Arc grand public »

Intel a bien une marque GPU grand public (Arc), mais le nouveau signal envoyé par Tan ressemble davantage à une offensive semi-custom/data center qu’à un duel frontal sur les cartes gaming.

À côté, l’écosystème PC continue de spéculer sur l’avenir de certaines cartes Arc orientées gaming, et plusieurs observateurs estiment qu’Intel priorise aujourd’hui les segments où le calcul « se vend » plus cher : pro, workstation, IA.

Le vrai mur : l’écosystème logiciel (et la confiance des clients)

Sur le papier, Intel sait fabriquer des puces. Mais sur le terrain, Nvidia a construit quelque chose de plus défensif qu’un avantage matériel : un standard logiciel et une inertie d’adoption massive (tooling, bibliothèques, compatibilité, habitudes). Pour Intel, la question est donc double :

  • livrer du silicium compétitif (perf/watt, mémoire, interconnexions),
  • et surtout rassurer sur la stabilité logicielle, les pilotes, les frameworks et la pérennité de la plateforme.

C’est précisément là que le recrutement d’un architecte GPU « haut niveau » prend du sens : si Intel veut redevenir crédible, il doit proposer une vision cohérente — pas une succession de projets.

Intel Foundry et l’ambition de redevenir « full-stack »

Reuters note aussi que Tan a évoqué un intérêt client pour la techno de gravure Intel 14A dans le cadre d’Intel Foundry, avec une montée en volume attendue plus tard en 2026.

C’est un point clé : si Intel aligne CPU + GPU + fabrication, il rejoue un modèle « full-stack silicon » capable de séduire certains clients qui cherchent des alternatives à Nvidia — pas seulement en puces, mais en capacité industrielle.

Intel revient au GPU, mais la partie se gagne sur la durée

Intel n’entre pas sur un marché « libre » : il revient dans un territoire déjà structuré par Nvidia et, dans une moindre mesure, AMD. Mais l’annonce de Tan — recrutement ciblé, discours « à l’échelle », priorité data center — montre une posture moins expérimentale et plus stratégique.

Le défi est colossal : rattraper le retard n’est pas qu’une question de transistors, c’est une question de plateforme, de confiance, et d’exécution sur plusieurs générations. Cette fois, Intel semble prêt à jouer la longue partie.

Tags : GPUIntel
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.