Sur le papier, ce n’est « qu’un modem ». En réalité, c’est la colonne vertébrale silencieuse d’une voiture moderne : mises à jour OTA, télémétrie, services connectés, et — dans le cas d’une flotte autonome — une remontée de données qui ne peut pas se permettre l’à-peu-près.
Selon The Elec, Samsung Electronics aurait décroché, pour la première fois, un contrat pour fournir à Tesla des modems 5G « vehicle-grade », avec un démarrage de fourniture au premier semestre 2026 et une première intégration attendue dans la flotte Robotaxi au Texas.
À ce stade, Samsung et Tesla n’ont pas annoncé officiellement ce partenariat. On est donc dans le registre du reporting supply chain, crédible mais à confirmer.
Un basculement discret, mais symbolique
The Elec précise que le projet aurait été lancé début 2024, après des discussions au long cours — un récit cohérent avec l’historique des contacts entre Samsung et Elon Musk : Lee Jae-yong et Elon Musk ont bien été vus/mentionnés dans plusieurs articles autour d’une rencontre en mai 2023, en Californie, portant sur de possibles coopérations technologiques.
Ce qui rend l’histoire intéressante, c’est moins l’existence d’un modem Samsung (Samsung sait en concevoir) que l’entrée dans l’automobile, un monde où la validation est plus longue, les contraintes mécaniques et thermiques plus sévères, et les exigences de fiabilité pensées sur une décennie. C’est un autre sport que le smartphone — et c’est précisément pour ça que la « première fois » avec Tesla compte.
Tesla cherche-t-il à réduire sa dépendance à un seul fournisseur ?
Tesla a déjà amorcé un passage plus large à la 5G sur ses véhicules récents, selon des suivis spécialisés du parc (sans forcément détailler les fournisseurs exacts à chaque révision matérielle). Dans ce contexte, ajouter Samsung à la chaîne d’approvisionnement ressemble à un mouvement de diversification : limiter les risques de dépendance, sécuriser les volumes, et mieux négocier les coûts à l’avenir.
Et c’est aussi une manière de s’acheter de la marge en interne : pour une flotte « Robotaxi », la connectivité n’est pas un bonus marketing, c’est un pré-requis opérationnel.
Pourquoi c’est un sujet « Qualcomm » même sans le nommer ?
Qualcomm reste l’acteur qui a longtemps dominé l’imaginaire — et le réel — des modems, au point que même Apple a dû des années de R&D avant d’annoncer son propre modem C1 et commencer à réduire sa dépendance.
Voir Tesla potentiellement basculer une partie de sa connectivité vers Samsung, c’est donc un signal de marché : la 5G auto devient une catégorie où plusieurs géants veulent s’installer durablement.
Samsung, Tesla : un partenariat qui s’inscrit dans une histoire plus large
Le plus intéressant est peut-être la toile de fond : Samsung est déjà un partenaire industriel de Tesla sur d’autres composants, et une source rappelait en 2025 que Samsung produisait des puces « AI4 » pour Tesla (celles liées à la plateforme de conduite assistée), tandis que la génération suivante devait passer chez TSMC.
Autrement dit, un modem 5G ne serait pas un « one-off », mais une brique supplémentaire dans une relation fournisseur-client déjà structurée.
En bref, si Samsung met bien ses modems 5G dans les Tesla, ce n’est pas seulement une victoire de plus pour System LSI. C’est une entrée dans la cour des fournisseurs critiques de l’automobile connectée — là où les contrats se gagnent lentement, mais se conservent longtemps.



