Lenovo n’expose pas seulement des PC au CES 2026 : il expose une thèse. Celle d’un ordinateur portable dont l’écran n’est plus une surface fixe, mais un volume qui se déploie, se replie, et s’adapte à la cadence de travail.
Avec le ThinkPad Rollable XD Concept, la marque greffe cette idée sur un objet culte — un ThinkPad avec son TrackPoint rouge — et le transforme en laboratoire de productivité, au sens littéral du terme.
De 13,3 à 15,9 pouces : la productivité par l’étirement vertical
Le principe est simple et presque satisfaisant : un geste sur la « colonne vertébrale » tactile de l’écran, et l’affichage s’étire verticalement. Le ThinkPad passe d’un format 13,3 pouces à une diagonale plus haute, 15,9 pouces, en offrant plus de lignes visibles — pour le code, les documents, les tableurs, les timelines.

Là où Lenovo avait déjà industrialisé une approche similaire avec le ThinkBook Plus Gen 6 Rollable (écran qui se déroule vers le haut), le XD concept change une pièce maîtresse : ici, tout le mécanisme est dans le capot.
Aucun « tunnel » dans le châssis pour cacher la dalle. L’écran s’enroule, mais le laptop conserve une silhouette plus cohérente et « ThinkPad » dans l’intention.

L’idée la plus maligne : un écran qui dépasse… et travaille même fermé
Le vrai coup de théâtre, c’est la manière dont Lenovo exploite le fait que la dalle s’enroule autour du couvercle. Résultat : une portion d’écran reste utilisable à l’extérieur. Même fermé, l’ordinateur peut afficher des widgets tactiles sur le capot, façon mini tableau de bord (notifications, statuts, raccourcis).
Et, Lenovo pousse le détail jusqu’au « petit confort » : frapper le capot déclenche une légère extension de l’écran, ce qui allonge le couvercle et facilite l’ouverture. Un gimmick ? Peut-être. Mais typiquement le genre de micro-gestuelle qui rend un concept mémorable — et, parfois, étonnamment pratique.

Gorilla Glass Victus 2 et transparence : quand l’ingénierie devient design
Lenovo ne cache pas sa mécanique, il la met en scène. La partie extérieure et la « spine » incurvée sont protégées par un Corning Gorilla Glass Victus 2 annoncé comme un capot transparent à 180°, développé avec Corning — un choix à la fois esthétique et symbolique : si l’écran bouge, il faut montrer qu’il peut survivre.
Mieux : une zone « transparente » laisse apercevoir moteurs, poulies et rails, comme si Lenovo assumait que le spectacle fait partie de l’expérience.

Lenovo cherche le « grand écran » sans casser le format ultraportable
Le ThinkPad Rollable XD raconte une obsession très actuelle : obtenir plus d’espace de travail sans multiplier les moniteurs, sans trimballer d’écran portable, sans passer au 16 pouces permanent. L’écran enroulable vertical est, de ce point de vue, plus « productivité » que l’ultra-large : il privilégie la lecture, la rédaction, le code, les workflows en piles.
Mais, le concept pose aussi des questions très concrètes (et Lenovo n’y répond pas encore) :
- Épaisseur et rigidité : mettre moteurs + dalle flexible + protection verre dans le capot change l’équilibre d’un laptop.
- Consommation et bruit : l’écran motorisé peut être addictif… mais l’ergonomie doit rester silencieuse en open space.
- Réparabilité : un écran qui s’enroule est une pièce d’orfèvrerie ; le coût d’entretien dira si c’est un futur produit ou une vitrine.
- Confidentialité : un écran exploitable à l’extérieur est génial pour des widgets, mais délicat dès qu’on parle de notifications sensibles.
Lenovo laisse toutefois entendre une piste fascinante : le Rollable XD pourrait un jour exister comme option de panneau sur des ThinkPad « normaux », comme une variation de dalle plutôt qu’un châssis entièrement exotique. Si c’est vrai, on passe du concept « wow » à la stratégie industrielle.
Le ThinkPad Rollable XD Concept n’est pas encore un produit, mais il est déjà un signal : Lenovo veut que l’ordinateur portable de demain soit transformable, pas seulement plus puissant. Et si la marque parvient à rendre cette magie fiable, silencieuse, et économiquement défendable, le rollable pourrait enfin quitter le CES pour entrer dans les bureaux — là où l’espace d’écran est une monnaie quotidienne.



