Pendant longtemps, Gemini a eu un problème très simple et très frustrant : il savait produire des documents, mais il ne savait pas les retrouver. Deep Research crache des rapports longs, Canvas génère des brouillons (et parfois du code), puis tout finissait dans une grille d’aperçus… jolie, mais vite illisible.
Avec un nouveau changement côté Web, Google commence à traiter Gemini comme un espace de travail, pas seulement un chat.
Gemini : Une nouvelle section « Documents » pour Deep Research et Canvas
Google déploie une rubrique Documents dans le dossier Mes contenus de l’interface Web de Gemini. Elle isole enfin les productions « texte dense » — notamment les rapports Deep Research et les créations Canvas — à côté d’une section Media qui conserve images et vidéos.
Dans cette liste, des icônes distinctes aident à distinguer un rapport de recherche d’un document classique ou d’un projet de code, et l’ensemble est organisé par date.
Le gain est évident : vous ne cherchez plus un rapport de 30 pages dans un damier de tuiles tronquées. La page Mes contenus affiche aussi les deux documents les plus récents, ce qui rend la « reprise » plus immédiate quand on enchaîne plusieurs sessions de travail.
Mais, on reste sur une première marche : pas de tri ou de classement (projet, thème, tags), et surtout, chaque document renvoie à l’instance dans le chat où il a été généré, plutôt qu’à un objet « document » autonome comme dans un vrai gestionnaire de fichiers.
Autrement dit : c’est mieux rangé, mais ce n’est pas encore « Google Docs version IA ».
Pourquoi Google fait ça maintenant ?
Ce n’est pas un ajustement isolé. En novembre 2025, Google a déjà refondu la navigation de Gemini et introduit Mes contenus comme un dossier centralisant créations récentes (images, vidéos, rapports). Cette nouvelle section Documents ressemble à la suite logique : quand un assistant commence à produire des livrables (rapports, plans, drafts, code), il doit aussi fournir l’infrastructure de suivi. Sans ça, l’IA devient une machine à générer… puis à oublier.
Selon les premiers retours, la nouveauté est visible sur le Web, et Google la distribue progressivement. Les applications mobiles ne l’affichent pas encore au même niveau de détail.
Gemini assume enfin son virage « agent + workspace »
Le signal derrière cette micro-fonction est plus large que son interface :
- Deep Research et Canvas sont des outils « production », pas des gadgets conversationnels.
- Donc Google doit rendre Gemini persistant : historique, accès, réutilisation, continuité.
Si Google pousse ensuite des fonctions de tri, de dossiers, de pin intelligents (voire de liens croisés entre chats et documents), Mes contenus pourrait devenir l’équivalent discret d’un « Projets » : l’endroit où l’on revient, au lieu de recommencer.
Et, c’est là que la comparaison devient intéressante : sur le terrain du « travail long », Gemini ne se bat pas seulement contre ChatGPT, mais aussi contre des outils plus stables côté documents (NotebookLM, Notion, Docs). Cette section Documents ne gagne pas la guerre, mais elle retire une faiblesse embarrassante.



