Barcelone sert souvent de vitrine, mais Xiaomi en fait cette année un manifeste pour le MWC 2026. Avec le Xiaomi 17 Ultra désormais lancé à l’international, la marque ne se contente pas d’ajouter un capteur ou d’augmenter la charge rapide : elle officialise un changement de méthode avec Leica, en passant d’une logique de « Joint R&D » à un « Strategic Co-creation Model ».
Une promesse : faire de la photo mobile un sujet d’ingénierie… et d’identité.
Xiaomi et Leica passent un cap (et ça se voit dans le produit)
Sur le papier, le Xiaomi 17 Ultra est « juste » un nouveau flagship. En réalité, il joue le rôle de premier produit né d’une collaboration renforcée avec Leica, où l’optique et la « philosophie d’image » sont intégrées plus tôt dans la conception. Xiaomi le met noir sur blanc sur sa page événement, évoquant une montée en gamme de la coopération stratégique en imagerie.
Ce repositionnement arrive au moment où le marché premium se resserre : Apple et Samsung verrouillent l’expérience, tandis que Xiaomi cherche à faire la différence sur l’optique, la dynamique et le zoom « utile » — pas seulement sur les mégapixels.
Design et écran : l’Ultra devient plat (et plus « pro »)
Premier symbole : le passage à un écran plat, une première pour la lignée Ultra selon Xiaomi, avec un châssis annoncé à 8,29 mm. L’intention est double : gagner en lisibilité, en précision de toucher et en confort « outil », tout en affinant la silhouette.

La fiche est massive : 6,9 pouces M10 OLED LTPO, avec une fréquence de rafraîchissement de 1 à 120 Hz, jusqu’à 3 500 nits, HDR10+ et Dolby Vision. Xiaomi met aussi en avant sa technologie HyperRGB pour rapprocher une netteté « 2K » d’une consommation plus basse qu’un écran 1,5K classique (promesse à vérifier en usage réel). Il offre une résistance IP68, et un son audio stéréo amélioré complètent le package « flagship sans excuse ».

Photo : le zoom optique comme idée directrice (et Leica APO comme signature)
C’est ici que Xiaomi veut marquer 2026. Le module photo s’articule autour de trois focales :
- Ultra grand-angle 14 mm
- Grand-angle 23 mm avec capteur 1 pouce (Light Fusion 1050L, LOFIC HDR)
- Téléobjectif périscopique 200 mégapixels couvrant un zoom optique continu équivalent 75–100 mm (3,2× à 4,3×), avec une conception optique à groupes mobiles et utilisation du capteur 1/1,4 » sur toute la plage, selon Xiaomi.

Le détail qui fait « vitrine » : la certification Leica APO sur le téléobjectif, conçue pour réduire l’aberration chromatique (les franges colorées) au niveau matériel via un design apochromatique. Xiaomi parle d’une première sur un flagship de la marque.
Sur le terrain, les premiers retours orientés photo soulignent un niveau très élevé, avec quelques réserves habituelles (cohérence colorimétrique entre objectifs, limites macro selon scènes) — bref, un photophone ambitieux qui devra être jugé sur séries complètes, pas sur trois images héroïques.

Performance, autonomie et kits photo : Xiaomi vend un écosystème « créateur »
Sous le capot, on retrouve le Snapdragon 8 Elite Gen 5, couplé à 16 Go de RAM et un système de refroidissement IceLoop annoncé en progrès. Côté énergie, la batterie a une capacité de 6 000 mAh, une charge filaire de 90 W et une charge sans fil de 50 W, avec PPS.
Mais, Xiaomi ajoute une couche « photographie comme usage », avec deux accessoires :
- Photography Kit (batterie 270 mAh, commandes dédiées)
- Photography Kit Pro (batterie 2 000 mAh, molette/dial, levier de zoom, USB-C, peut servir de batterie externe, IP54)

C’est malin : Apple a son écosystème d’apps et d’accessoires, Samsung ses usages productivité. Xiaomi, lui, pousse l’idée d’un smartphone-caméra que l’on « grippe » comme un boîtier.
Prix et disponibilité : premium assumé, Europe servie en premier
En Europe, Xiaomi annonce un prix de départ de 1 503 € pour 16 Go/512 Go), et 1 603 € pour 16 Go/1 To. Les kits photo sont affichés à 99,99 € et 199,99 € (version Pro). Le téléphone est déjà en cours de déploiement dans plusieurs pays européens, dont la France.




