Maintenant que la date (25 février 2026) et le lieu (San Francisco, 19 heures) sont officiellement verrouillés, la discussion n’est plus « qu’est-ce qu’on sait ? » mais pourquoi Samsung raconte l’histoire de cette façon.
Si on regarde froidement la trajectoire du Galaxy S26 qui se dessine (fuites + teasing officiel), on est sur un cycle de consolidation, pas de rupture. Samsung n’a pas un « moment iPhone X » dans les mains — il a un Galaxy S26 Ultra mieux fini, plus rapide, un peu plus mature… mais pas fondamentalement nouveau.
Dans ce contexte, l’IA devient une béquille narrative : c’est l’argument qui permet de dire « cette année, ce n’est pas une fiche technique, c’est une expérience ». Le problème, c’est que le public commence à reconnaître la mécanique : « plus d’IA » est devenu le nouveau « plus de mégapixels » — omniprésent, peu différenciant, et souvent abstrait.
Samsung martèle un « AI phone », mais la majorité des outils d’IA mobile en 2025 ont été utiles par à-coups, mais rarement « indispensables ».
Le point qui pourrait réellement faire bouger une perception, c’est justement le Privacy Display : l’idée qu’un écran puisse limiter le « surf sur l’épaule » de manière intelligente est, pour une fois, une fonction concrète, immédiatement compréhensible. Samsung a d’ailleurs commencé à le teaser publiquement.
Galaxy S26 Ultra : Est-il « trop tard » pour changer d’angle ? Oui… et Samsung le sait
Évidemment, à ce stade, la campagne est bouclée. Les assets sont produits, les slogans testés, les films montés. Samsung peut ajuster le mix (mettre plus de Privacy Display, moins de « agentic AI »), mais il ne peut pas réinventer un pivot.
Et surtout : quel pivot ?
- La charge 60W est un upgrade appréciable, mais pas une révolution émotionnelle.
- La perf, c’est devenu un bruit de fond annuel.
- Le design « un peu moins anguleux », c’est du confort, pas un récit.
Donc oui : Samsung s’est enfermé dans l’IA parce que c’est le seul thème assez large pour couvrir un lancement « refinement ».
Ce que Samsung devrait vendre (même si ça ne fait pas une punchline)
S’il voulait être stratégique (plutôt que bruyant), Samsung devrait vendre le Galaxy S26 Ultra comme un téléphone de maîtrise, pas de promesse, avec une fiabilité photo/vidéo (low light, vitesse, constance), une endurance réelle (gestion thermique + efficience), une productivité (S Pen, multitâche, « vrai mini-tablet use-case ») et une sécurité/privacité (Privacy Display comme fonctionnalité premium, pas gadget IA).
En clair : le luxe du smartphone, ce n’est pas « plus d’IA », c’est moins de frictions.
Le pari caché : l’IA comme écran de fumée… ou comme transition vers une « plateforme »
Samsung ne pousse pas l’IA uniquement pour vendre le Galaxy S26. Elle la pousse parce qu’elle veut que Galaxy devienne une plateforme de services, avec une logique Apple-like (rétention, écosystème, features qui vivent au-delà du matériel).
Le risque ? Si les gens ne « ressentent » pas l’IA, Samsung se retrouve avec une promesse intangible… et des hausses de prix difficiles à justifier. Le S26 devient alors un produit « raisonnable », pas désiré. Et dans le premium, c’est dangereux.



