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Nova Launcher racheté par Instabridge : Vers un retour de la publicité ?

Nova Launcher racheté par Instabridge : Vers un retour de la publicité ?
Nova Launcher racheté par Instabridge : Vers un retour de la publicité ?

Nova Launcher, longtemps référence de la personnalisation Android, change à nouveau de mains. Après une période de quasi-silence et des départs clés, l’app a été rachetée par Instabridge — avec un message rassurant (« ça ne ferme pas »), mais une petite phrase qui fait grincer des dents : la pub pourrait devenir l’option « logique » pour financer la relance.

L’histoire récente de Nova ressemble à un feuilleton à rebondissements. L’app avait été achetée en 2022 par Branch Metrics, un groupe lié à l’analytics, et l’élan produit s’est progressivement essoufflé, au point que beaucoup la pensaient « terminée ».

Instabridge arrive aujourd’hui avec une promesse de base : stabilité, compatibilité avec Android moderne, maintenance active, avant toute refonte spectaculaire. En clair : remettre la maison d’aplomb, corriger les bugs, et réécouter la communauté plutôt que réinventer Nova du jour au lendemain.

Ce qui change vraiment : un modèle « durable »… potentiellement publicitaire

Le point de friction est dans la stratégie économique. Instabridge explique chercher un modèle soutenable, évoquant des paliers payants et des options financées par la pub pour la version gratuite.

Sur le papier, la ligne est simple : Prime resterait sans publicité. Mais c’est là que le débat s’enflamme : des utilisateurs rapportent déjà des signaux « publicitaires/trackers » dans les versions récentes, ce qui nourrit une méfiance immédiate, même si tout n’est pas forcément synonyme « d’annonces visibles » dès maintenant.

La polémique des trackers : ce que l’on sait, et ce que ça implique

Une alerte relayée dans la communauté indique que la version 8.2.4 embarquerait des éléments liés à Facebook Ads et Google AdMob. C’est le genre de détail qui compte pour un launcher : on parle d’une app qui vit au cœur de l’interface, avec une surface d’usage énorme (app drawer, recherche, gestes, etc.). Même si un SDK pub ne signifie pas automatiquement « pub partout », cela soulève trois questions très concrètes :

  1. Transparence : à quoi servent exactement ces composants (pub, mesure, A/B tests, monétisation future) ?
  2. Confiance : un launcher « premium » peut-il rester premium si son futur dépend d’inventaires publicitaires ?
  3. Alternatives : la communauté acceptera-t-elle une pub « soft » (bannière discrète) ou rejettera-t-elle tout net l’idée d’annonces dans un espace aussi intime que l’écran d’accueil ?

Instabridge, de son côté, affirme vouloir rester mesuré sur la collecte de données et évoque même — prudemment — la possibilité d’étudier l’open source, tout en rappelant que ce n’est pas un interrupteur magique (licences, sécurité, marque, workflow…).

L’ère des launchers « grand public » s’est refermée

Il y a 10 ans, un launcher était une déclaration d’intention. En 2026, c’est souvent un outil de niche pour passionnés… et un produit difficile à financer. Android a absorbé une partie des « gros » bénéfices (gestes, widgets, personnalisation), et les modèles économiques se sont raréfiés.

La vraie question n’est donc pas « pub ou pas pub », mais : comment financer un produit mature sans trahir sa promesse initiale (performance, contrôle, confidentialité) ? Instabridge fait un pari : relancer Nova en assurant d’abord la maintenance, puis trouver une monétisation « acceptable ». Reste à voir si la communauté — historiquement très exigeante — validera la méthode.

La suite se jouera sur un détail rarement sexy mais décisif : la confiance. Nova peut renaître. Mais si son écran d’accueil devient une vitrine publicitaire, même discrète, il risque de perdre ce qui le rendait unique : l’impression que votre téléphone vous appartient vraiment.

Tags : InstabridgeNova Launcher
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.