Fitbit franchit une nouvelle étape dans sa transformation. À partir du mois prochain, certains utilisateurs pourront relier leurs dossiers médicaux à l’application, donnant à son coach dopé à Gemini un accès à des données comme les résultats de laboratoire, les médicaments prescrits et l’historique des consultations.
En parallèle, Google annonce aussi une amélioration du suivi du sommeil, avec une précision accrue de 15 % sur la détection des phases de sommeil.
L’enjeu est clair : Fitbit ne veut plus être seulement un tableau de bord d’activité ou de sommeil. La marque cherche à devenir une couche de lecture plus large de votre santé, capable de croiser les données du poignet avec des informations cliniques réelles pour produire des conseils plus contextualisés.
Fitbit : Le sommeil devient plus finement interprété
Avant même l’arrivée des dossiers médicaux, Fitbit améliore déjà l’un de ses piliers historiques : le sommeil. Google explique que son nouveau modèle de phases du sommeil distingue mieux le temps passé à essayer de s’endormir du temps réellement passé à dormir. Selon la validation clinique citée par l’entreprise, cette mise à jour améliore de 15 % la performance par rapport à la version précédente sur les appareils Pixel et Fitbit compatibles.

Fitbit prépare aussi une nouvelle version du Score du sommeil, pensée pour être plus actionnable. Au lieu de résumer principalement la nuit par une note globale, l’application doit davantage mettre en avant des éléments concrets, comme le temps d’endormissement. Le suivi du sommeil amélioré commence à être déployé dès maintenant, tandis que la nouvelle expérience Sleep Score arrivera dans les prochaines semaines pour les utilisateurs du programme Public Preview.
Le vrai tournant : relier ses dossiers médicaux à Fitbit
La nouveauté la plus structurante arrivera le mois prochain pour les utilisateurs Public Preview aux États-Unis. Ils pourront connecter leurs dossiers médicaux directement dans l’application Fitbit, afin de regrouper en un seul endroit leurs résultats de laboratoire, traitements, antécédents de visites et autres données issues de plusieurs prestataires de santé. Pour cela, Google s’appuie notamment sur b. well et CLEAR, soit en recherchant son établissement de santé, soit en vérifiant son identité avec une pièce d’identité et un selfie selon des standards IAL2.
Une fois ces données reliées, le coach IA pourra répondre de façon beaucoup plus personnalisée. Google donne l’exemple du cholestérol : au lieu d’une réponse générique, l’assistant pourra résumer les valeurs importantes, repérer des tendances et proposer des pistes en s’appuyant à la fois sur les dossiers médicaux et sur les données issues du wearable. L’entreprise précise aussi que ces informations pourront ensuite être partagées de façon sécurisée avec un médecin ou un proche via un Smart Health Link ou un QR code dans les mois à venir.
Google insiste sur la confidentialité
Sur un sujet aussi sensible, Google met naturellement l’accent sur la protection des données. L’entreprise affirme que les dossiers médicaux sont stockés de manière sécurisée dans Fitbit, qu’ils restent sous le contrôle de l’utilisateur et qu’ils ne sont pas utilisés à des fins publicitaires.
C’est un point central, car toute la proposition de valeur repose sur un échange délicat : plus de personnalisation, en contrepartie d’un accès à des données de santé beaucoup plus intimes.
Le glucose arrive aussi dans l’équation
Au même moment, les utilisateurs Public Preview pourront également connecter un capteur de glucose en continu via Health Connect. L’idée est de permettre au coach Fitbit d’expliquer, à partir des données personnelles de l’utilisateur, comment un repas ou une séance de sport influence réellement sa glycémie.
Cela élargit encore l’ambition du produit : ne plus seulement suivre des métriques, mais relier des comportements quotidiens à des effets physiologiques observables.
Une stratégie qui dépasse la simple mise à jour produit
Ces annonces s’inscrivent dans une dynamique plus large chez Google. La société met en avant une étude récente publiée dans Nature sur la prédiction de l’insulinorésistance à partir de signaux de smartwatch, et poursuit en parallèle un travail avec Included Health autour de l’IA conversationnelle appliquée aux soins virtuels.
Cela montre que Fitbit n’est plus pensé comme un simple accessoire bien-être, mais comme une brique d’un écosystème santé plus vaste, mêlant recherche, prévention et assistance numérique.
Au fond, Fitbit avance vers une vision beaucoup plus ambitieuse : celle d’une application qui ne se contente plus de compter vos pas ou vos heures de sommeil, mais qui commence à comprendre votre état de santé dans une logique plus globale. Reste à voir si les utilisateurs accepteront d’ouvrir autant leur coffre-fort médical pour gagner en pertinence au quotidien.






