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Vivoo dévoile FlowPad, la serviette hygiénique qui teste vos hormones

Vivoo dévoile FlowPad, la serviette hygiénique qui teste vos hormones
Vivoo dévoile FlowPad, la serviette hygiénique qui teste vos hormones

Après le sang, l’urine, la sueur et la salive, la technologie de la santé s’attaque à un nouveau territoire — longtemps ignoré par l’électronique grand public : le sang menstruel.

Au CES 2026, la startup Vivoo dévoile FlowPad, une serviette hygiénique jetable (annoncée autour de 4 à 5 dollars) capable d’indiquer un niveau de FSH à même le produit, sans kit séparé, sans pipette, sans manipulation.

Un test hormonal « caché » dans un geste du quotidien

Le principe est volontairement banal : porter une protection hygiénique comme d’habitude, puis lire le résultat dans une zone « fenêtrée » au dos de la serviette — un rendu qui évoque un test de grossesse ou un autotest Covid. Pour des informations plus riches, l’utilisateur peut aussi prendre une photo via l’app Vivoo, qui interprète le signal et ajoute du contexte.

Vivoo assume l’idée d’un dispositif intégré à un usage déjà routinier : l’hygiène comme « interface » la plus naturelle, parce qu’elle ne demande pas d’apprentissage supplémentaire.

Microfluidique, capillarité… et un défi très concret (le sang sèche)

Le nerf technique du FlowPad, c’est la microfluidique — et une contrainte matérielle que Vivoo présente comme centrale : le sang sèche vite. Sur d’autres tests sanguins à domicile, on dilue souvent l’échantillon avec une solution. Ici, l’entreprise explique avoir dû reproduire ce processus dans une structure fine et portable.

Le FlowPad est décrit comme un assemblage en deux couches :

  • une couche de capture capillaire qui attire le sang et filtre des particules,
  • une couche de réaction biomarqueur contenant des réactifs stabilisés qui réagissent pour détecter la FSH.

Pourquoi la FSH : fertilité, cycles, périménopause… mais un signal à interpréter avec prudence

Vivoo met en avant la FSH (follicle-stimulating hormone) comme indicateur utile pour repérer certains patterns (fertilité, cycles irréguliers, suspicion de périménopause, etc.). L’entreprise vise surtout un usage au 2ᵉ ou 3ᵉ jour des règles et cite comme « utilisateur idéal » des personnes dans la trentaine jusqu’à ~45 ans.

Point important : à ce stade, FlowPad ressemble davantage à un outil de suivi et d’orientation qu’à un diagnostic complet. Une lecture isolée peut générer stress ou conclusions hâtives — surtout sur des sujets aussi chargés émotionnellement que la fertilité.

Un nouveau chapitre de la « mesure » du vivant

FlowPad illustre une tendance lourde : la santé connectée ne se contente plus de compter des pas, elle veut lire le corps. Dans ce récit, il y a du très positif — accessibilité, pédagogie, réduction des frictions — et du plus ambigu : la transformation d’un moment intime en flux de données.

Trois questions vont vite s’imposer :

  1. Validation & cadre réglementaire : Les protections menstruelles sont déjà encadrées (aux États-Unis, la FDA publie des recommandations pour les soumissions 510[k] sur tampons et serviettes). Mais un produit qui « mesure » une hormone touche potentiellement à la catégorie des dispositifs de test, avec des exigences de performance, d’allégations et de sécurité encore plus strictes. Vivoo n’a pas, dans cette annonce, détaillé publiquement le statut réglementaire ni les données cliniques associées.
  2. Données & confidentialité : Photographier une serviette et associer un résultat hormonal à un profil applicatif : c’est utile… et sensible. La valeur du produit dépendra autant de la science que de la clarté sur la conservation des images, le traitement, et les options de suppression/portabilité.
  3. Économie du cycle : Vivoo insiste sur un objectif de coût : rester sous la barre des 5 dollars la serviette « diagnostique », pour que le cycle ne devienne pas un abonnement premium déguisé. La marque évoque des packs et une formule d’abonnement plus tard, avec d’abord un accès orienté chercheurs, partenaires médicaux et utilisateurs existants.

FlowPad raconte une idée puissante : si la tech veut être utile, elle doit se fondre dans des gestes déjà réels. Mais, elle raconte aussi autre chose : l’entrée de la santé reproductive dans l’ère du « quantified self » total, avec ses promesses… et ses angles morts. Si Vivoo réussit la science, la régulation et la confiance, le cap est clair : demain, la femtech ne se portera plus seulement au poignet — elle s’insèrera dans les routines les plus ordinaires, et donc les plus décisives.

Tags : CES 2026FlowPadVivoo
Yohann Poiron

The author Yohann Poiron

J’ai fondé le BlogNT en 2010. Autodidacte en matière de développement de sites en PHP, j’ai toujours poussé ma curiosité sur les sujets et les actualités du Web. Je suis actuellement engagé en tant qu’architecte interopérabilité.